Les derniers vœux des présidents : François Mitterrand, le 31 décembre 1987

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Cette série s’intéresse jusqu’au vendredi 31 décembre aux vœux des présidents de la République, mais à des vœux très particuliers, et qui raisonnent avec ceux que formulera Emmanuel Macron dans quelques jours : les derniers vœux d'un mandat.

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Radio France
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Le président de la république François Mitterrand à Latche (Landes) en août 1987. (MAXPPP)

"Mes chers compatriotes, nous qui serons nombreux ce soir à fêter le Nouvel an. Ayons d'abord une pensée, comme je vous y invite chaque fois, pour ceux qui seront seuls, âgés, malades, sans famille ou séparés de ceux qu'ils aiment." Ces vœux, François Mitterrand les prononce, le 31 décembre 1987 dans un contexte politique doublement tendu. D’une part, on est en pleine cohabitation. Depuis deux ans, François Mitterrand doit composer avec un gouvernement de droite, libéral, dirigé par Jacques Chirac, avec qui les relations sont ultra tendues. D’autant, et c’est le deuxième élément de contexte politiquement tendu, que la présidentielle se profile. Si personne ne doute que Mitterrand et Chirac se présenteront, aucun des deux n’a annoncé sa candidature, craignant sans doute qu’une annonce précoce ne traduise une ambition personnelle plus puissante que la tâche à mener pour la France, depuis Matignon ou depuis l’Élysée.

Au cours de son discours, cependant, François Mitterrand ne cesse de vanter son action pour maintenir l’unité et défendre les valeurs de la République. Mais il n’est pas encore temps de se mouiller : "Mes voeux, pour cet acte majeur de notre vie commune, sont que les Français se prononcent clairement sur quelques choix essentiels et qu'ils le fassent si possible dans un esprit de tolérance. Je n'établirai pas ici la liste de ces choix. Les candidats s'en chargeront en temps voulu. À la fin de sa courte allocution, François Mitterrand fait un clin d’œil bien appuyé aux Français et au destin. Il sait qu’il est en tête des intentions de vote, deux semaines plus tôt, un sondage IFOP le crédite de 39% au premier tour, devant Raymond Barre à 17% et Jacques Chirac à 17%. La confiance qu’il demande, il sait qu’il l’obtiendra.

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