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Loi Florange : "J'ai envie de dire enfin" (Edouard Martin)

François Hollande en avait fait un symbole : une loi pour la reprise des usines rentables. Cette loi, il l'avait promise pendant la campagne présidentielle. Il ne l'avait pas fait n'importe où : c'était à Florange, devant les hauts-fourneaux, sur le site Arcelor Mittal. La proposition de loi Florange arrive aujourd'hui devant l'Assemblée nationale. Mais entre temps, les hauts-fourneaux se sont arrêtés.

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Même si cette proposition arrive plus d'un an après, Edouard
Martin, représentant de la CFDT à Florange, estime que c'est une bonne
nouvelle. "J'ai envie de dire "enfin", même si elle arrive un peu tard pour
le cas de Florange. Si notre combat a servi à sauver d'autres sites, c'est plutôt une bonne chose.
"

Edouard Martin reste méfiant malgré tout. "J'attends
de voir la rédaction de la loi parce que lorsque la première proposition avait
été rédigée nous avions déjà perçu une faille. C'était les tribunaux de
commerce qui devaient décider de la viabilité d'un repreneur ou pas et je
rappelle qu'ils sont gérés par le Medef. Donc il ne faudrait pas que le Medef
ou le tribunal de commerce soit juge et partie en même temps.
"

Le principe de la loi "Florange"

La loi devrait concerner les entreprises de plus 1.000
salariés, quand elles veulent céder un site rentable. Elle les obligera à
chercher un repreneur. Si elles ne le font pas, elles risqueront une pénalité
(environ 30.000 euros par salarié concerné).

"Sur un aspect juridique, il y aura toujours de
grandes multinationales pour essayer de trouver la faille de cette loi. L'idée
est de voir comment on peut protéger des industries, des usines, contre des
fermetures boursières. Le devoir de la France est d'essayer de protéger des
usines et de ne pas avoir demain un désert industriel. Il faut avoir une
lecture juridique mais il faut aussi respecter l'esprit de la loi.
"

Une trahison ?

A Florange, des syndicats de Force ouvrière ont gravé une
stèle pour dénoncer ce qu'ils appellent la "trahison" de François
Hollande. "La trahison a été faite le 30 novembre lorsque Jean-Marc
Ayrault a signé l'accord avec Mittal qui l'autorisait à fermé les hauts fourneaux.
Mais pour nous le dossier n'est pas clos.
"

L'Etat a annoncé qu'il allait relancer l'investissement dans
la recherche afin d'avoir un haut fourneau à faible émission de CO2. L'Etat va
mettre 15 millions d'euros, Mittal 13 millions d'euros et les partenaires privés
4 millions, explique Edouard Martin. "On estime que l'on a une fenêtre de
tir pour obtenir qu'un nouveau fourneau se construise à Florange en étant les
premiers au monde à produire de la fonte.
"

Le leader syndical attend de pied ferme François Hollande pour juger si le président a finalement tenu promesse. Le chef de l'Etat doit revenir à Florange "dans les prochaines semaines".

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