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Iran : une élection pour rien ?

Les Iraniens votent aujourd'hui à l'occasion du premier tour de l'élection présidentielle pour désigner le successeur de Mahmoud Ahmadinejad. Mais cette élection changera-t-elle quelque chose ?

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Selon Azadeh Kian, professeur de sociologie à l'université
de Paris 7-Diderot et auteur de L'Iran : un mouvement sans
révolution ? - 2011, éditions Michalon -, "on sait que c'est une
élection verrouillée par le Guide dès le départ mais, néanmoins, on constate
que parmi les candidats en lice, il y a monsieur Rohani qui s'est distingué des
autres pendant la campagne. Il est très critique par rapport à la politique
menée par Ahmadinejad."
S'il n'est pas réformiste, il est "conservateur
modéré"
.

C'est "un proche de Rafsandjani" , un ancien
président, lui-même privé de candidature par le Conseil des gardiens de la
révolution. "Il a annoncé que, s'il est élu, il va négocier avec l'Arabie
Saoudite et faire en sorte que les sanctions qui pèsent sur l'Iran soient
levée. Il a aussi prôné l'égalité entre les hommes et les femmes. Il a donc
attiré l'attention de ceux qui ont fait partie du mouvement vert"
, le
mouvement né de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad.

Le premier à voter ce matin était le Guide Suprême Ali
Khamenei. Azadeh Kian précise d'ailleurs que le Guide est l'équivalent du chef
de l'Etat en France alors que le président qui sera élu en Iran jouera plutôt
un rôle équivalent à celui d'un Premier ministre. "Mais les présidents
ont quand même une certaine marge de manœuvre"
ajoute la professeure
de sociologie. Concernant le nucléaire, "il faut que les occidentaux
envoient des signaux pour dire qu'ils aussi prêts à négocier"
.

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