Trek en Gaspésie avec Katia Astafieff

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Écrivaine et biologiste en Lorraine, Katia Astafieff a longé en solitaire la côte de Gaspésie à l’extrême Est du Canada. Là, où les montagnes des Appalaches terminent leur course américaine et rencontrent l’océan.

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Radio France
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"Dans mon ventre a trépidé l’envie de dévorer le monde. Toucher l’infini, virer au vert, perdre mes repères, vibrer, m’électriser, traverser des murs et des montagnes" écrit Katia Astafieff dans son livre, La fille voulait voir l'ours (Arthaud). (KATIA ASTAFIEFF)

Katia Astafieff est passionnée par le monde des plantes et adepte des grands voyages en solitaire. Son nouveau récit La fille qui voulait voir l’ours est publié chez Arthaud.

Un mois d’une aventure étonnante sur le sentier international des Appalaches (SIA). Seule une trentaine de personnes par an s’engagent sur ce sentier très sauvage qui couvre 650 km au Québec, de la vallée de la Matapédia jusqu’au parc national Forillon.

"C'est un pays de naufrages, de forêts, de lacs, de sommets arrondis mais aux pentes atrocement abruptes, un pays d’histoire, de conquérants, de colons, mais surtout un pays sauvage, où l’ours est roi, et l’orignal prince."

Katia Astafieff

à franceinfo

Pour Katia Astafieff les arbres "sont des êtres sages et sereins, majestueux et humbles".  (KATIA ASTAFIEFF)

"Ce qui m’a marquée, c’est cette immensité, 'into the wild', comme on dit aux États-Unis, une nature sauvage immense, des forêts à perte de vue… On a l’impression d’être seule sur terre. Cette immersion totale en pleine nature est très prenante", confie Katia.

Elle n’a pas cavalé comme un bouquetin, mais avancé comme une tortue.Selon elle, "marcher est un art", c'est ça qui compte. "J'ai volé comme Icare, par-delà les sommets", écrit celle qui a traversé le parc national de Gaspésie composé de 25 sommets de plus de 1000 mètres. "C’est très éprouvant". Face au Mont Nicol-Albert et ses parois rocheuses à escalader, la baroudeuse a bien failli renoncer.

Vue du mont Nicol en Gaspésie (KATIA ASTAFIEFF)

Il y a eu des moments plus légers, comme lorsqu'elle a franchi le pont Galipeault qui enjambe l’île Bellevue, "J'avais l’impression d’être Meryl Streep dans le film, Sur la route de Madison", dit-elle. Avant d'ajouter en riant : "sauf qu'il n'y avait pas Clint Eastwood !"

La quête de l’exploit n’a jamais guidé le choix des expéditions de Katia Astafieff. "C'est le goût du dépaysement et le désir d’émerveillement qui m'a toujours poussée à partir", dit-elle. (KATIA ASTAFIEFF)

Avec humour, elle lance: "Je suis venue pour randonner seule dans les bois avec la famille Paddington". Il a fallu attendre le jour où elle est épuisée par 11 h de marche, sous une pluie battante, pour que le miracle se produise… Katia a vu un ours de l’autre côté d’un lac. Un moment évidemment inoubliable pendant lequel ils ont échangé un regard. Et dans le parc national Forillon, elle a entendu chanter un huard.

Montée sur le Sentier international des Appalaches (SIA) (KATIA ASTAFIEFF)

On veut bien la croire quand elle dit que "le bonheur tient à peu de choses. Un cabanon, des arbres, le ciel, la mer au loin, le chant des oiseaux, rien de superflu, juste la beauté du monde." Un déferlement inouï de liberté et d’espace.

"Je n’ai besoin de rien, ni de personne. Seulement du vent, du silence et de ce sentier sinueux qui court dans la montagne. Seulement de l’émeraude de la forêt, de ses mille nuances de vert, du gros des rochers et des falaises, du bleu ardoise de la mer. Je n’ai besoin de rien, juste de la grandeur de la nature autour de moi", conclut-elle.

Pour revivre cette passionnante aventure :

La fille qui voulait voir l'ours (Arthaud)

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