Cet article date de plus de sept ans.

Aux confins oubliés de l'Inde

écouter (5min)
Fermée aux étrangers pendant plus de quarante ans, la région des "Sept Sœurs" en Inde, commence à s'ouvrir doucement. Olga et Arnaud de Turckheim, passionnés par les mystères de l'Inde, ont été parmi les premiers à profiter de cette ouverture...
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (©)

Quand on va
en Inde, le pays est tellement immense,
complexe, excessif, que ça passe ou ça casse. Pour Olga et Arnaud de Turckheim,
c'est bien passé. La preuve, ça fait 35 ans qu'ils y retournent
régulièrement.

Voyageurs
passionnés tous les deux, ils ont même franchi le pas en partant s'installer
deux ans là-bas. "On avait encore l'impression d'être des découvreurs, à cette
époque"
, dit Olga. L'arrivée à Bombay a été cataclysmique. En pleine mousson,
avec 1,50 m d'eau dans les rues, dans une chaleur tellement moite que la buée
vous empêchait de vous voir dans les miroirs, ils ont supporté l'épreuve. Comme
tout le monde, ils ont marché avec de l'eau jusqu'à la ceinture. Une sorte de
bizutage auquel ils se sont adaptés très
naturellement. Après ça, ils étaient prêts à se contenter de riz et de thé pour
la suite du voyage.

Dans un
livre paru chez Actes Sud, Aux confins oubliés de l'Inde , Olga de
Turckheim raconte un périple dans la région des "Sept Sœurs", la
région du Nord-Est coincée entre la Chine, le Bhoutan, la Birmanie et le
Bangladesh. Fermée aux étrangers pendant plus de 40 ans, cette région
commence à s'ouvrir doucement.

Toutefois,
les tensions entre tribus sont telles qu'au moindre incident, les frontières se
referment tout de suite. Mais en longeant le fleuve, le Brahmapoutre, Olga et
Arnaud de Turckheim ont goûté à la douceur des paysages, des plantations de
thé, de la forêt vierge. Dans cette région où l'on ne se connaît pas d'un état
à l'autre, le couple a fait le lien entre les bouddhistes et les animistes.
Dans le Nagaland, il y a même les chasseurs de têtes. La pratique est
officiellement interdite aujourd'hui, mais on raconte que ce qui se passe au
fond de la forêt vierge n'appartient qu'au peuple de la forêt...

Et malgré
cette diversité, ce qui a frappé Olga et Arnaud de Turckheim c'est
l'attachement des peuples à la terre..."Au fond
d'eux-mêmes, les gens restent profondément attachés à la terre. Et comme la
terre est capricieuse, comme c'est un territoire de cyclones, de raz-de-marée,
de tremblements de terre et une région où la mousson est la plus forte, chaque
année, c'est une région qui est noyée sous un déluge de flotte. Donc,
évidemment, les personnes vivant localement qui sont paysannes, on vit dans des
villages précaires, dans des huttes sur pilotis, où, bien souvent, pour sauver
la moisson on construit des granges plus jolies que les habitations, parce que
ce sont les graines que l'on va récupérer pour l'année suivante, pour la
récolte suivante, qui sont plus importantes que l'hébergement des
personnes."

Dans ces Confins oubliés
de l'Inde,
Arnaud de Turckheim apporte son témoignage avec des
aquarelles, des portraits, des paysages, des scènes de vie qui donnent corps au
récit d'Olga.    

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.