VRAI OU FAUX. Paris 2024 : y-a-t-il eu "beaucoup moins d'accidents" sur les chantiers des JO qu'habituellement dans le secteur du bâtiment ?

Alors que les clefs du village olympique viennent d'être remises, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, affirme qu'il y a eu "beaucoup moins d'accidents" sur les chantiers des Jeux olympiques qu'habituellement dans le secteur du bâtiment. C'est vrai, il y en a eu quatre fois moins.
Article rédigé par Lise Roos-Weil
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le chantier de construction du village olympique où seront logés les athlètes à Saint-Ouen-sur-Seine, en banlieue parisienne, le 27 février 2024. (IAN LANGSDON / AFP)

Le revers de la médaille

Le village olympique est sorti de terre et les clefs ont été remises officiellement jeudi 29 février. C'est l'un des plus grands chantiers des Jeux olympiques de Paris 2024 qui est terminé. A cette occasion, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo s'est félicité non seulement du bilan écologique de ce chantier mais aussi du bilan social. Selon, elle la sécurité a été au rendez-vous sur les chantiers des JO de Paris : "Par exemple, ce village, l'un des plus grands chantiers d'Europe, a été construit avec beaucoup moins d'accidents du travail", a-t-elle affirmé sur TF1. Y-a-t-il eu "beaucoup moins d'accidents" sur les chantiers des Jeux de Paris qu'habituellement dans le secteur du bâtiment ?

Proportionnellement moins d'accidents 

C'est vrai. Il y a eu quatre fois moins d'accidents sur les chantiers des Jeux olympiques 2024, que dans le secteur du bâtiment en général. C'est un chiffre du Comité de suivi de la Charte sociale de Paris 2024, constitué de plusieurs syndicats, dont la CGT, la CFDT ou encore FO, et du Medef. Ce comité est chargé de surveiller les engagements écologiques et sociaux pris par les organisateurs des JO, et notamment de vérifier les conditions de travail sur les chantiers. À ce jour, "il y a eu 167 accidents du travail, dont 27 blessés graves", explique Bernard Thibault, co-président du comité et ancien patron de la CGT, à franceinfo. On peut aussi ajouter un accident mortel sur un projet d'assainissement de la Seine, les ouvriers dépendaient de la ville de Paris, mais ce n'était pas juridiquement un chantier olympique.

Quelque 167 ou 168 accidents du travail sur un total de 30 000 ouvriers mobilisés. C'est quatre fois moins, proportionnellement et en "équivalent heures travaillées", qu'habituellement sur les chantiers du bâtiment, un secteur particulièrement concerné par les accidents professionnels.

Un ouvrier meurt tous les trois jours sur un chantier en France

Selon l'Assurance maladie, en 2021, on a comptabilisé 126 décès dans le cadre du travail dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Un ouvrier meurt sur son chantier tous les trois jours en France. Principalement après des chutes, des effondrements ou encore des malaises. C'est le secteur où il y a le plus d'accidents mortels. Et si l'on regarde l'ensemble des accidents du travail dans le bâtiment, quel que soit le niveau de gravité, l'Assurance maladie en a dénombré 80 241 en 2022, soit plus de 350 accidents du travail par jour travaillé. Les jeunes ouvriers ou les intérimaires sont les plus touchés, principalement dans la maçonnerie, le gros œuvre ou les travaux de charpente.

Prendre exemple sur les chantiers de Paris 2024

Des mesures spécifiques ont été mises en place sur les chantiers des Jeux olympiques de Paris, par le maître d'ouvrage Solidéo. "Chaque nouvel intervenant sur un chantier se voyait rappeler les règles de sécurité, les interdits ou les consignes de circulation, ce qui n'est pas systématique d'habitude", explique, par exemple, Bernard Thibault, co-président du comité de suivi. Le nombre d'inspecteurs du travail a aussi été renforcé : "En moyenne, il y avait un inspecteur du travail chaque jour sur au moins un chantier", poursuit l'ancien patron de la CGT. Les entreprises et leurs sous-traitants ont aussi organisé régulièrement des réunions de coordination, pour uniformiser les règles de sécurité. Les représentants du comité de surveillance ont aussi assuré des visites et des permanences pour faire de la veille. Enfin, "plus de 150 ouvriers en situation irrégulière ont été régularisés", ajoute Bernard Thibault, "cela permet d'améliorer la sécurité sur le chantier car les ouvriers en situation irrégulière ne reçoivent pas de formation à la sécurité".

"Il faut en tirer des enseignements", conclut le co-président du comité de suivi. Il souhaite prendre exemple sur les Jeux olympiques de Paris pour améliorer la sécurité dans le secteur du bâtiment en général.

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