Les personnes payées au smic sont-elles à 62% des femmes, comme l'affirme Laurence Rossignol ?

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La sénatrice socialiste Laurence Rossignol appelle à une revalorisation du smic en mettant en avant le fait que les femmes représentent "62% des smicards". 

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Radio France
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Laurence Rossignol en mars 2019.   (MARIE MAGNIN / HANS LUCAS)

Le smic a augmenté début mai à cause de l'inflation pour atteindre un peu plus de 1 300 euros par mois, mais ce n'est pas assez, pour Laurence Rossignol. La sénatrice socialiste appelle le gouvernement à augmenter le salaire minimum, et elle met en avant un argument particulier : "62% des smicards sont des femmes, donc augmenter le smic, c'est augmenter le salaire des femmes qui ont les moindres rémunérations", a-t-elle dit sur France 2.

Laurence Rossignol n'est pas très loin. D'après les statistiques du ministère du Travail, le chiffre exact est de 59%. Pour être plus concret, ça signifie que parmi les quelques deux millions de personnes payées aujourd’hui au smic, un peu plus de 1,2 million sont des femmes. 

Le poids du temps partiel

Pour expliquer cette surreprésentation, le ministère du travail avance plusieurs pistes. Les femmes par exemple travaillent plus souvent à temps partiel que les hommes, elles occupent plus souvent des postes non qualifiés et elles sont aussi surrepresentées parmi les jeunes et les CDD, souvent moins bien payées. Cette surreprésentation des femmes rémunérées au smic, on la retrouve dans les entreprises de toutes les tailles et dans presque toutes les branches professionnelles avec des écarts parfois particulièrement marqués. Par exemple dans le secteur de la chimie et de la pharmacie, environ la moitié des salariés sont des femmes et pourtant au moment de la paie, elles représentent plus des trois quarts des salariés payés au salaire minimum dans ce secteur.

Une situation qui stagne 

Cette surreprésentation des femmes parmi les salariés payés au smic n'est pas nouvelle, ce chiffre est même assez stable. Par exemple en 2013, la part de femmes rémunérées au smic tournait déjà autour de 60%, comme aujourd'hui.
Plus récemment, si on regarde les trois dernières années, on remarque que la proportion globale de salariés payés au smic diminue, sauf la part des femmes qui a, elle, tendance à stagner. 

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