Inaction climatique : quand les opposants de gauche font un raccourci entre Elisabeth Borne et les condamnations dont la France a fait l'objet

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Après la nomination d'Elisabeth Borne, de nombreuses personnalités à gauche ont rappelé que la France avait été condamnée deux fois pour "inaction climatique". 

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Radio France
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Elisabeth Borne à Matignon, le 16 mai 2022.  (LUDOVIC MARIN / POOL)

Alors qu'Elisabeth Borne, la nouvelle Première ministre, sera chargée de la planification écologique, une grande partie de la gauche dénonce son bilan sur l'environnement, son ancien ministère pendant un an. Plusieurs élus insoumis ou écologistes pointent "que la France a été condamnée deux fois pour inaction climatique", "sous la mandature d'Emmanuel Macron" et alors "que Madame Borne était ministre de l'Ecologie". 

Une affirmation vraie mais simplifiée

Il y a bien eu deux condamnations en 2021 dans deux dossiers distincts. D'abord le Conseil d'État a demandé au gouvernement de prendre "toutes mesures utiles" pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. C'est la commune de Grande-Synthe, dans le Nord, qui avait saisi la juridiction parce qu'elle s'estimait menacée par la montée du niveau de la mer à cause du réchauffement climatique. Il y a aussi "l'Affaire du siècle". Le tribunal administratif a donné raison à plusieurs associations, dont Greenpeace, qui accusaient la France de ne pas avoir respecté ses engagements en matière de reduction des émissions de gaz à effets de serre.

Cependant, est-ce que les opposants à gauche ont raison de dire que c'est la faute du gouvernement ou d'Emmanuel Macron ? Non, sur ce point ils exagèrent parce que ce n'est pas le gouvernement ou Emmanuel Macron qui a été condamné, mais l'Etat français. Et surtout ces deux décisions de justice concernent des engagements pris il y a plusieurs années. Pour être précis, c'est le bilan carbone entre 2015 et 2018 qui n'a pas été respecté. Autrement dit : la France n'a pas suffisamment baissé ses gaz à effets de serre sur cette période et c'est ça qui est à l'origine des condamnations, sauf que 2015-2018, c'etait en grande partie avant le premier quinquennat Macron. 

En clair, l'exécutif actuel n'est pas totalement responsable de la situation mais c'est à lui que la justice demande de faire les efforts nécessaires pour revenir dans les clous. 

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