Le roman des espions, France info

Le siècle des espionnes

Tout au long du XXe siècle, grand siècle d'espionnage, les services secrets du Kremlin ont été au centre des grands événements, souligne le maitre des romans noir Graham Greene. A chaque fois, il y avait des espions. Et des espionnes.

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(Rufina Philby, la femme de l'espion britannique Kilm Philby, en 1994, à Moscou. © Russel Boyce/Reuters)

 Philby, Sorge, ces noms sont entrés dans le panthéon de l’espionnage mondial. D’autres sont moins connus du grand public. Mais à chaque fois, les espions et les espionnes ont déterminé d’une manière décisive les grands évènements de ce siècle : la révolution russe comme la première guerre mondiale, la deuxième guerre mondiale comme la chute du communisme.

 

Moscou commença en effet à mettre au point cette organisation en dépêchant en Occident de nombreux émissaires clandestins, chargés de préparer la "révolution mondiale". Dans les années 1920, les activités de l’espionnage soviétique étaient menées par des bolcheviks au passé mythique.

 

"Vivre et survivre" , la devise des espionnes

 

Les grands agents secrets furent souvent enrôlés par le Kremlin en raison de leur engagement idéologique ou patriotique. Ils permirent à Staline d’édifier très rapidement un réseau de renseignement sans précédent dans l’histoire mondiale. À tel point que le dictateur rouge recevait les informations secrètes de l’Occident adressées au Premier ministre britannique ou au président des États-Unis avant qu’elles n’arrivent à leurs destinataires !

 

 Pourquoi et comment tant de jeunes femmes sont-elles devenues des espionnes au cours du XX siècle ? La réponse se trouve dans les chemins sinueux de leurs destins face à la fureur de l'histoire : en effet l'espionnage a été pour ces femmes un moyen de survie ! "Vivre et survivre " fut leur devise.

 

Parmi nos héroïnes : Elisabeth Zarubina, qui fut un véritable agent secret professionnel. En effet, elle avait une vocation pour ce métier risqué. Elle avait été formée très tôt et s'était engagée résolument dans ce chemin périlleux. Encore que, les choses n'ont pas été si simples, car sa vie fut tissée d'ombres et de lumières. Les destinées des héroïnes furent marquées par des situations ambiguës, dangereuses, souvent sans issue.

 

Entre actes désespérés et assumés

 

L'espionnage est entré dans leur vie comme une roue de secours. Un moyen de mettre la tête hors de l'eau, au milieu des tempêtes de cette époque féroce. Jetées dans la mêlée des évènements, elles furent soumises à des tragédies sans nom et à des pressions terribles, émanant de la machine à broyer les hommes mise en marche par la dictature rouge.

 

Néanmoins, les complicités avec les services secrets ne furent pas seulement des actes désespérés, mais souvent des efforts parfaitement assumés et réfléchis pour sauver leur famille, leurs proches, leurs amis pris en otage par le régime totalitaire. Ces femmes d’exception n'étaient dépourvues ni d'intelligence, ni de lucidité, ni de conviction. On peut même parler d’une authentique sincérité dans certains cas.

 

Cependant, elles furent souvent utilisées par l'implacable système d'espionnage du Kremlin, et par leurs responsables passés maîtres dans l'art de la manipulation. Elles furent elles-mêmes d'incroyables illusionnistes du destin ! Dans ces temps incertain, elles eurent des engagements souvent troubles et discutables.

(Rufina Philby, la femme de l'espion britannique Kilm Philby, en 1994, à Moscou. © Russel Boyce/Reuters)