Le temps de parole lors de la campagne présidentielle

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Emmanuelle Daviet, médiatrice des antennes de Radio France, répond, comme chaque dimanche, aux interrogations des auditeurs sur le traitement de l’actualité sur franceinfo. Aujourd'hui, la gestion du temps de parole en cette période de campagne présidentielle. 

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Radio France
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Le studio 421 de franceinfo. (AURÉLIEN ACCART / RADIO FRANCE)

Emmanuelle Daviet, médiatrice des antennes de Radio France, reçoit ce dimanche 23 janvier, Jean-Christophe Ogier, adjoint au secrétaire général de l’information de Radio France, pour parler de la gestion du temps de parole des candidates et candidats pendant la campagne présidentielle.

Emmanuelle Daviet : Le pluralisme politique est essentiel pour garantir à chacun une information diversifiée à travers les interviews, les reportages, en donnant la parole aussi aux acteurs sur le terrain et aux représentants des formations politiques. franceinfo favorise le débat public nécessaire pour nous éclairer en tant que citoyen et électeur.

Cependant, régulièrement, les auditeurs nous écrivent au sujet du pluralisme, et en ce début d’année de campagne présidentielle, certains souhaiteraient savoir comment s’organisent les temps de parole et qui les contrôle, Jean-Christophe Ogier ? 

Jean-Christophe Ogier : Le pluralisme politique, il faut le rappeler, est prévu par la Constitution, la loi et les règles de l’autorité de contrôle. Depuis le 1er janvier 2022, elle s’appelle l’Arcom, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. Elle est née de la fusion entre le CSA, le Conseil supérieur de l’audiovisuel, et Hadopi, qui surveillait Internet.

On compte toute l’année les temps de parole politique, et on essaye de respecter ce qu’on appelle l’équité, c’est-à-dire qu’une partie est réservée à l’exécutif et l’autre est répartie entre toutes les formations politiques qui existent dans le paysage.

L’Arcom considère que la campagne électorale a commencé le 1er janvier. Alors, comment s’organisent les calculs ?

Depuis le 1er janvier, il faut relever de manière spécifique les temps de parole de tous les candidats et de leurs soutiens. On désigne sous le terme de candidats, toutes les personnes qui ont fait acte de candidature, mais aussi toutes celles qu’on suppose qui seront candidates. Ça vaut par exemple pour le président de la République.

La campagne va se dérouler en trois périodes. La première période s’étend du 1er janvier au 7 mars. Quelles sont donc les obligations des chaînes ?

Toutes les radios et télés doivent respecter l’équité entre les candidats, comme pour le pluralisme hors élection, il appartient à chaque média d’évaluer ce que pèsent ces candidats, les uns par rapport aux autres. Il faut regarder les résultats des précédents scrutins, et d’abord la précédente élection présidentielle. Il faut voir aussi les résultats des élections intermédiaires, l’animation de la campagne et, s’il y en a, les sondages. Ainsi, chaque média doit définir un objectif qu’il se doit de tenir et de justifier auprès de l’Arcom.

Emmanuelle Daviet : La deuxième période commence le 8 mars. Ce jour-là, le Conseil constitutionnel annonce le nom des candidats ayant obtenu les 500 signatures nécessaires pour participer à l’élection. A partir du 8 mars, comment s’opère l’équilibre ?


Jean-Christophe Ogier : Toujours le principe de l’équité. Mais en plus, il faut, jusqu’au 26 mars, offrir aux candidats une exposition comparable, c’est à dire si on en fait parler le matin. Il faut que tous puissent se parler en matinale, puis dans la journée, puis en soirée, puis la nuit.

Et la dernière période ?

La dernière période, à partir du 27 mars, c’est la campagne officielle. On est obligé de respecter une égalité parfaite entre tous les candidats, et leur offrir une exposition comparable. Ça prend fin le vendredi, à l’avant-veille du scrutin. On rentre dans ce qu’on appelle la période de réserve. On n’a plus le droit d’entendre les candidats et de parler de leur programme.

Et dans ce contexte, comment est prise en compte la parole du président de la République ?

Alors, il faut prendre en compte le président de la République, si on suppose qu’il sera candidat. C’est le cas d’Emmanuel Macron, par exemple. Mais il faut savoir juger ce qui relève du régalien, c’est-à-dire quand le chef de l’État parle au nom de la France, et ce qui concerne la campagne électorale.

On va prendre un exemple. Cette semaine, à Strasbourg, le président de la République est allé parler aux eurodéputés. Son propos liminaire, on peut considérer que c’est du régalien. Mais quand il répond ensuite aux députés français, c’est de la campagne électorale.

À Radio France, qui est chargé de faire tout ses calculs ?

Nous avons une structure qui compte, un partenaire qui compte à la seconde près. Tous les calculs, nous les vérifions. Nous revenons vers les antennes pour savoir si elles sont d’accord. Et une fois que tout cela est fait, nous allons envoyer nos temps de parole à l’Arcom qui, de son côté, surveille, vérifie et écoute également et revient vers nous quand elle n’est pas d’accord.

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