Covid-19 : le nouveau variant Omicron et la 5ème vague

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Emmanuelle Daviet, la médiatrice des antennes de Radio France reçoit Matthieu Mondoloni, directeur adjoint de la rédaction de franceinfo pour évoquer le traitement que ce virus mutant prend sur l'antenne, et répondre ainsi aux interrogations des auditeurs. 

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L'alerte sur le variant Omicron a été donnée par l'Afrique du Sud, le 24 novembre 2021. Mais il circulait déjà dans plusieurs pays auparavant.  (HAKAN NURAL / ANADOLU AGENCY / AFP)

Nous sommes entrés dans la 5ème vague de l’épidémie de coronavirus, avec un nombre de contaminations et une incidence qui progressent très rapidement. À l’origine de cette nouvelle vague : le variant Delta. Autre variant signalé depuis le 24 novembre dernier : Omicron.

Emmanuelle Daviet : L’actualité Covid occupe de nouveau l’espace médiatique, et on le voit très bien dans les mails des auditeurs. Comment traitez-vous cette actualité, quelle place lui accordez-vous sur l’antenne ?

Matthieu Mondoloni : On lui accorde une place somme toute assez importante, en fonction des événements. Quand il y a un nouveau fait d’actualité, comme l’apparition de ce nouveau variant Omicron et bien évidemment, on fait des papiers explicatifs. On a des invités, des médecins, des épidémiologistes qui viennent nous expliquer qu’est-ce que c’est que ce variant ? Est-il dangereux ou pas dangereux ? Est-ce qu’il faut se protéger ? Comment lutter contre ce variant ? Est-ce que la vaccination est efficace ? Bref, toutes les questions qui s’imposent dans ces moments-là ?

En ce qui concerne effectivement le nombre de cas de contamination, on l’explique également, et on l’explique en prenant des précautions, c’est-à-dire en évitant aussi d’être trop anxiogène, en donnant des informations qui sont toujours mises en perspective par rapport à ce qu’on a pu connaître avant.

Précisément, cette 5ème vague inquiète les Français. Comment informer sans rendre l’information anxiogène ?

Je pense que ça passe d’abord par le choix des invités que nous avons à l’antenne. Les invités sont très importants. On a identifié depuis le début de cette crise sanitaire, il y a maintenant bientôt deux ans, un certain nombre d’épidémiologistes, de virologues, de vaccinologues, les membres du conseil scientifique, le Monsieur Vaccin du gouvernement.

On a des spécialistes qui sont connus et reconnus, qu’on interviewe à l’antenne et qui peuvent nous éclairer en les faisant parler encore une fois de ce qu’ils connaissent. C’est-à-dire qu'on ne va pas prendre un généraliste pour nous parler vaccination, en tout cas sur les spécificités du vaccin. Il n’est pas vaccinologue. Il va pouvoir nous raconter ce qui se passe dans son cabinet. On ne va pas prendre un épidémiologiste pour nous parler du témoignage quotidien des patients qu’il reçoit, puisque ce n’est pas forcément son métier non plus.

On fait parler les gens de ce qu’ils connaissent le mieux, on les met à l’antenne. Ils viennent rassurer aussi les auditeurs. On a fait récemment le médecin Benjamin Damidot, invité du 8h30 de franceinfo, qui a été très rassurant, évidemment, avec les auditeurs, en disant "attention à l’apparition de ce nouveau variant". Certes, c’est inquiétant, il faut regarder. Mais en même temps, on ne sait rien dessus.

On ne sait pas s’il est plus dangereux que le Delta, s’il est plus contagieux, il va falloir du temps. Donc, on a des gens qui ne sont pas rassurant outre mesure, mais en tout cas qui parlent correctement de la chose sans être encore anxiogène.

Depuis le début de la crise sanitaire, il y a presque deux ans, franceinfo a mis en place beaucoup d’interactivité avec les auditeurs. Comment maintenez-vous ce lien avec eux ?

Alors, on continue à le faire. On a récemment fait ce qu’on appelle sur franceinfo, et les auditeurs et les auditrices le savent : "On vous répond". On met les auditeurs à l’antenne, ils peuvent nous appeler sur le numéro que nous mettons en place habituellement, et on a en face d’eux, nos experts. On avait Olivier emond, le chef du service santé environnement et on avait justement le médecin dont je vous parlais tout à l’heure, qui a pu répondre aux questions que se posaient les auditeurs et les auditrices sur la vaccination, sur l’épidémie, sur ce qu’on peut faire, ne pas faire, etc. Donc, ce lien là, il est très important.

Et puis on a le site web franceinfo.fr aussi. On a des questions qui viennent régulièrement, qui abondent toujours avec ce hashtag  "#onvousrépond", ce mot dièse, on vous répond et auquel on répond soit sur le site Internet, soit là encore sur des séquences à la radio.

Depuis le 26 novembre dernier, l’OMS désigne le variant B.1.1.529 par la lettre grecque Omicron(e). Nous avons reçu de très nombreux messages d’auditeurs qui ne comprennent pas cette prononciation, considérant qu’il faut prononcer Omicron et qu’Omicrone serait une prononciation anglaise. Alors là, il n’y a pas vraiment de débat ?

Il n’y a pas vraiment de débat. Je plaide coupable sur un anglicisme. Il peut arriver que nos journalistes à l’antenne les utilisent parfois et ils ont tort d’ailleurs de le faire. Là, en l’occurrence, ce n’est pas un anglicisme, c’est la façon dont ça se prononce en grec.

D’ailleurs, on ne dit pas epsilon et on dit epsilone pour la lettre grecque, c’est pareil pour omicron, tout simplement. Et puis, j’ajoute que cette forme phonétique est rigoureusement validée dans les dictionnaires Le Robert, Larousse et par l’Académie française, qui confirme la prononciation "omicrone".

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