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La longue marche de Jean Lassalle

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On se souvient de lui notamment pour sa longue grève de la faim, en 2006. Jean Lassalle, député Modem de la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, est sur les routes de France depuis 3 semaines. Déjà 400 kilomètres parcourus, à pied, entre Paris et Dunkerque. À la rencontre des Français et en quête de solutions à la crise économique.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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Baskets aux pieds mais
en costume-cravate, le député marche depuis le 10 avril. Montmorency,
Abbeville, Le Crotoy, Boulogne-sur-Mer... Chaque jour, Jean Lassalle parcourt
une vingtaine de kilomètres. Le soir, il dort à l'hôtel ou parfois chez
l'habitant. La journée, il parle aux gens qu'ils croisent, boulangers,
fleuristes, coiffeurs, ouvriers de chantier.

Il s'arrête partout, à
la recherche de témoignages. "Je sens mon pays qui est en crise et que
mes concitoyens le vivent mal. Je me suis demandé que faire pour essayer de
trouver des réponses qu'on n'a pas su trouver jusqu'à ce jour. Je pense que
c'est auprès du peuple qu'on doit les trouver. Mais pour ça, il fallait prendre
du temps, se poser dans la situation la plus humble et disponible possible: la
marche",
raconte le député.

Alors pourquoi Dunkerque ?
Pourquoi à 1.000 kilomètres de chez lui ? "Pour marquer
les esprits, pour interpeller"
, répond Jean Lassalle. Parce que c'est
le territoire le plus éloigné de sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques et
de Lourdios-Ichère, le village dont il est le maire.

Un député atypique  

Jean Lassalle est un habitué des
coups d'éclat. C'est lui déjà qui avait coupé la parole à Nicolas Sarkozy et
poussé la chansonnette en béarnais, dans l'hémicycle, en 2003. Lui encore qui
avait fait la grève de la faim pendant 39 jours en 2006 pour protester contre
la délocalisation de l'usine Toyal.

Jean Lassalle est un député à part,
et il assume sa différence : "J'ai toujours voulu faire bouger les
lignes et j'ai essayé de trouver des signes qui pouvaient interpeller. Quand
j'ai chanté, c'est parce qu'on ne voulait pas que je parle. Et aujourd'hui,
c'est dans la même lignée. Cela ne va pas du tout arranger mon image de député
fantasque, atypique, je le sais très bien. Je suis en tout cas moi-même dans
cette attitude-là."

Accueil chaleureux 

Parfois, des maires de toutes
étiquettes attendent Jean Lassalle à l'entrée des villages. Sa silhouette,
longiligne et coiffée du béret basque ne passe pas inaperçue. Les gens le
saluent, des automobilistes klaxonnent et s'arrêtent pour discuter, comme dans
les rues de Boulogne-sur-Mer où une dame le félicite pour son courage et sa
détermination. "Ils devraient tous faire un tour de France, comme lui, raconte
Danielle, pour parler, discuter avec les gens" .

Inlassablement, Jean Lassalle
questionne, interroge. Il note, consigne ce que les gens lui disent. Et après 3
semaines de randonnée à travers l'Ile-de-France, l'Oise, la Somme, le
Pas-de-Calais, le député fait le constat d'une France désabusée. "C'est
un mélange de colère, de fatalisme et de résignation"
, remarque Jean
Lassalle.

Et après ?  

Sur le modèle des cahiers de
doléances de 1789, Jean Lassalle a imaginé des cahiers de l'espoir, sortes de
recueils des témoignages qu'il aura reçus. Reste à définir l'usage qu'il en
fera. Ce qui est certain, c'est que Jean Lassalle ne compte pas interrompre sa
randonnée.

"Je continue, ça n'aurait aucun
sens, après être allé à Dunkerque, de rentrer minablement dans un train ou dans
un avion. Je ne serai pas moi-même. Physiquement, je tiens beaucoup mieux le
choc que je l'aurais imaginé et puis, je suis bien dans ma tête. Je commence à
prendre mon pied dans ce que je fais"
, se félicite le député, qui continue à suivre, à
distance, la vie de l'Assemblée nationale et de son village du Béarn.

Jean Lassalle a déjà parcouru près
de 400 km à pied depuis son départ de Paris. L'étape du jour
doit le conduire de Sangatte à Marck, toujours dans le Pas-de-Calais. Avant
l'arrivée à Dunkerque, samedi.

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