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Au pays de la mousse, la consommation de bière s'effrite

La Belgique a beau être mondialement réputée pour son breuvage houblonné, on y boit de moins en moins de bière. En 40 ans, la consommation annuelle par personne est passée de 120 à 74 litres regrette la Fédération des brasseurs. Dans quelques semaines, elle va lancer une campagne de communication pour tenter de redorer le blason de la boisson nationale.

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La chute est lente et régulière. "Chaque année, le
Belge boit de un à
1,5 litre
de bière de moins"
, déplore Sven Gatz, le directeur de la Fédération
des brasseurs belges. Depuis l'impressionnante Maison des brasseurs, qui
surplombe la Grand Place de Bruxelles, il explique qu'en 40 ans, on est ainsi
passé d'une consommation moyenne de 120 à 74 litres par an. En 2012, le recul
a encore été de 4%.

"C'est une tendance qu'on observe dans tous les pays
brassicoles"
, constate Sven Gatz. La consommation de bière diminue,
celle de vin augmente. Pour enrayer la tendance, la fédération des brasseurs va
lancer une campagne de publicité dans les semaines qui viennent. "On ne
va pas demander aux gens de boire plus, assure Sven Gatz, mais essayer de les
rendre à nouveau fiers de leurs bières, qui sont paradoxalement très prisées à
l'étranger."

Bières de dégustation appréciées

L'exportation, c'est d'ailleurs la planche de salut du
secteur brassicole. Malgré la baisse de la demande intérieure, la production
continue d'augmenter et le chiffre d'affaire a progressé de 5% l'an passé. Et
puis au niveau national, toutes les bières ne sont pas logées à la même enseigne.
Si les Pils, les blondes de base, sont en reflux, les bières de dégustation
sont de plus en plus appréciées.

À la tête la petite brasserie bruxelloise Cantillon, Jean
Van Roye se réjouit de cette évolution. Depuis quelques années, cet
arrière-petit fils de brasseur doit même refuser des clients. Son lambic, bière
de fermentation spontanée, vieillie deux à trois ans en fût de bois, est très
demandé.

Le désamour croissant pour les Pils s'explique selon lui par une perte
de caractère des bières de très grande consommation. "Elles ne sont
plus ce quelles étaient il y a 30 ou 40 ans, elles ont moins de goût, sont
moins houblonnées. Dans l'industrie actuelle, il faut tout faire au plus vite
et au moins cher, cela donne des produits de moindre qualité."

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