Prix du carburant : pourquoi cette flambée, à qui profite-t-elle ?

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"Le mot de l'éco" aujourd'hui, c'est le mot carburant. Le gouvernement cherche des solutions pour enrayer la hausse du prix des carburants. Isabelle Raymond, cheffe du service eco de franceinfo, revient sur cette flambée des prix et sur ses causes réelles.  

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Radio France
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Marseille, 13 octobre 2021. La hausse du prix des carburants en station service. (Illustration) (FRANCK PENNANT / MAXPPP)

Focus sur le mot carburant aujourd'hui puisque c’est la question récurrente depuis le début de la semaine : à qui profite la flambée des prix du carburant ? Chacun se renvoie la balle. Le gouvernement. Les distributeurs. L’occasion pour les stations-services de rappeler que ce sont les taxes qui représentent plus de la moitié du prix payé à la pompe. 

Prenons le litre de gazole, carburant le plus utilisé en France, sur 1 euro 53, et bien 86 centimes atterrissent dans la poche de l’état. Dans le détail, 61 centimes représentent la TICPE : taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques. 25 centimes supplémentaire pour la TVA à 20%. 

franceinfo : Dans l’opposition, certains accusent l’État de profiter de cette hausse des prix à la pompe, c’est vrai ? 

Isabelle Raymond : Alors oui et non. Non, parce que le niveau de la TICPE est gelé, bloqué, depuis l’automne 2018, depuis le mouvement des Gilets jaunes.  Mais ce qui est vrai en revanche, c’est ce que les Français se déplacent beaucoup et consomment donc beaucoup de carburant depuis la fin de la crise sanitaire.

Des volumes en hausse qui représentent donc des recettes fiscales en plus. La TICPE devrait ainsi faire rentrer 18 milliards et demi d’euros cette année dans les caisses de l’État. Et puis la TVA est prélevée deux fois : une fois sur le produit pétrolier lui-même, l’autre sur la TICPE. Cela alourdit évidemment la facture des Français.

Plusieurs amendements ont été déposés par l’opposition, PS et LR pour réduire, voire supprimer cette taxe sur la taxe, mais ils ont été rejetés il y a deux jours dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances à l’Assemblée nationale. 

Le gouvernement est ferme : pas question de réduire la fiscalité sur le carburant ?

Non, et pour plusieurs raisons. Cela profiterait à tout le monde sans distinction, comprenez, ceux qui n’ont pas besoin de coup de pouce et possèdent de gros 4X4 qui polluent beaucoup. Bref, pas question d’alléger une fiscalité, certes lourde sur le carburant mais assumée, certes à bas bruit mais assumée quand même, car c’est bien le prix à payer de la transition écologique, affirme une source à Bercy.

L’objectif est bien d’inciter les Français à changer de comportement, d’acheter des véhicules moins gourmands en carburant, de privilégier le covoiturage ou les transports en commun. C’est aussi le sentiment qui domine à Bruxelles, au sein de la Commission européenne. Aussi, face à la flambée du prix du carburant se dirige-t-on résolument vers une mesure ciblée, facile et temporaire, sans doute sur le modèle du chèque énergie.

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