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Le mot de l'éco. Vers une pénurie de pétrole?

Après un pic fin octobre à 80 dollars le baril, les cours du pétrole ont finalement reculé de 20% en deux semaines. Des fluctuations qui vont durer.  

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Des puits de pétrole dans le Nord Dakota aux Etats-Unis
Des puits de pétrole dans le Nord Dakota aux Etats-Unis (BLOOMBERG CREATIVE PHOTOS / GETTY IMAGES)

À la hausse, à la baisse : depuis 10 ans les cours du brut jouent au yoyo. Ces deux dernières semaines, ils ont reculé de 20%.

À l’été 2008, le baril atteint le niveau record de 147 dollars

Malgré un repli pendant la crise, les cours vont tout de même rester élevés jusqu'en 2014. Ensuite le pétrole plonge, jusqu'à 30 dollars en 2016. Si les prix varient autant, c'est que le pétrole est au cœur de l’économie et de la politique, sensible aux variations de la croissance, de l’activité mondiale mais aussi aux tensions géopolitiques dernièrement, l’embargo américain sur l’Iran.  

Il faut rappeler que le pétrole se vend sur un marché mondial, qu'il s'échange en baril, soit 159 litres et que les prix sont en dollars (il y a donc aussi pour la France, par exemple, une composante du prix qui est lié à l’évolution des taux de change.) Et comme toutes les matières premières, le prix du baril est une histoire d'offre et de demande.  

La demande de pétrole va continuer à croître  

Dans le rapport annuel qu’elle vient de publier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit même une nette hausse de la demande de pétrole : + 12% d'ici 2040. Le monde consommerait alors chaque jour plus de 106 millions de barils contre un peu moins de 95 millions aujourd'hui. Une demande tirée essentiellement par les pays émergents, Chine en tête, pour les camions, les avions et surtout la pétrochimie.  

Quant à la production, il y a évidemment les pays de l’OPEP mais depuis cet été, ce sont les États-Unis qui sont devenus le premier pays producteur, grâce à leur pétrole de schiste.    

Hausse des prix après 2021 

À court terme, les prix vont continuer à rester très volatiles, mais pour un très bon connaisseur du secteur, les prix du pétrole risquent de connaître une brusque remontée à partir de 2021-2022. Pourquoi ? Et bien parce qu’entre 2014 et 2016, quand les cours étaient bas et le pétrole donc moins rentable, les grandes compagnies pétrolières ont gelé leurs investissements.  

Or, le pétrole facilement accessible devient plus rare. Il faut donc aller le chercher plus loin, plus en profondeur. Faire jaillir l'or noir suppose des investissements gigantesques, (pas en centaine de millions mais en milliards de dollars) pour pouvoir découvrir et exploiter de nouveaux gisements.  

Ce manque d'investissement il y a quelques années va donc peser sur la production à venir, alors que la consommation va continuer à augmenter. Moins d'offre et plus de demande : la recette élémentaire pour une hausse des cours du baril.    

Des puits de pétrole dans le Nord Dakota aux Etats-Unis
Des puits de pétrole dans le Nord Dakota aux Etats-Unis (BLOOMBERG CREATIVE PHOTOS / GETTY IMAGES)