Comment préserver la souveraineté de notre outil industriel tricolore

Le mot de l'éco cette semaine, c'est "souveraineté". On en a beaucoup parlé, notamment dans les allées du salon du Bourget qui ferme ses portes demain soir, dimanche 25 juin.
Article rédigé par Isabelle Raymond
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
21 juin 2023. Salon du Bourget. Le stand des moteurs d'avion du groupe industriel et technologique français Safran, entreprise classée première du palmarès de l'étude du cabinet d'intelligence économique Vélite, pour la deuxième fois.(moteur open fan Safran) (DIDIER SAULNIER / MAXPPP)

La souveraineté de notre outil industriel : il en a été beaucoup question, toute cette semaine, durant le salon du Bourget, le 54e Salon international de l'aéronautique et de l'espace qui ferme ses portes ce dimanche 25 juin, au parc des expositions du Bourget.  

franceinfo : Voici qu'une étude vient éclairer cette réflexion de la semaine ? 

Isabelle Raymond : Cette étude distribue les bons et les mauvais points au sein des entreprises du CAC 40. Une étude réalisée par le cabinet d'intelligence économique Vélite, qui établit le niveau de souveraineté des grands noms de notre économie, en fonction de plusieurs critères, comme l'innovation technologique, l'empreinte industrielle ou encore l'indépendance vis-à-vis des puissances étrangères.  

Et quelles sont les entreprises en haut du podium ? 

Et bien sans surprise, et de façon assez rassurante, dans le top 3, on trouve deux entreprises spécialisées dans le secteur oh combien sensible de la défense. Il s'agit de Safran et de Thales. Elles cochent toutes les cases : emplois en France, rayonnement à l'international, actionnariat sécurisé et gros budgets en recherche et développement. Safran est première du palmarès pour la deuxième fois. À noter que le fabricant de moteurs d'avion est aussi l'entreprise française qui dépose le plus de brevets.

L'étude relève aussi que nos champions français sont de plus en plus forts à l'international ? 

Oui, c'est ce qu'elle appelle la souveraineté offensive, qui se mesure à l'aune du rayonnement des entreprises à l'international et de leurs parts de marché. Ainsi, au moins 19 entreprises du CAC 40 réalisent plus des trois-quarts de leur chiffre d’affaires à l’étranger, neuf d’entre elles plus de 90%. Et 17 entreprises font partie du trio de tête dans leur domaine respectif. C'est le cas dans le luxe notamment avec LVMH et Kering.

Et quelles sont les entreprises les plus mal classées ? 

Le cabinet spécialisé dans l'intelligence économique épingle surtout les "moins" françaises des entreprises du CAC 40. Soit parce que leur siège n'est pas situé en France, soit parce que leur capital n'est pas assez sécurisé, sans actionnaire puissant de référence. Elles sont à la merci d'investisseurs avides de profits à court terme, aux dépens des questions, entre autres, de souveraineté.

Autre critère négatif : aucun de leurs dirigeants n'est français. Il y a une entreprise qui cumule toutes ces faiblesses selon l'étude, c'est STMicroelectronics. Une entreprise spécialisée dans les semi-conducteurs, un domaine – les composants électroniques – que la France et l'Europe subventionnent massivement depuis la sortie du Covid, pour tenter justement de retrouver une certaine souveraineté vis-à-vis de l'Asie.

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