Le monde est à nous, France info

Les Arabes israéliens font leur entrée dans la politique du pays

La planète tourne et nous posons le doigt ce matin à Jérusalem. Les tractations se poursuivent pour tenter de former un gouvernement. Benyamin Netanyahou a remporté de peu les troisièmes législatives en un an…. Mais sans majorité absolue, il doit négocier, et pour la première fois, les Arabes israéliens sont en mesure de jouer un rôle.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Une session parlementaire à la Knesset, à Jérusalem le 11 décembre 2019
Une session parlementaire à la Knesset, à Jérusalem le 11 décembre 2019 (GALI TIBBON / AFP)

Qui sont les Arabes israéliens, qui ont remporté 15 sièges sur les 120 de la Knesset, un record historique ?   Ce sont des citoyens israéliens, et arabes. A la différence des Palestiniens qui n’ont pas de nationalité. Ils vivent en Israël, ont les mêmes droits électoraux que les autres citoyens, mais sont souvent considérés comme une classe à part. Ils représentent plus d'1,8 million de personnes, soit un peu plus de 20 % de la population, et sont issus de familles qui, à la création d’Israël, en 1948, étaient des Palestiniens de l’intérieur, c’est-à-dire dans les frontières du nouvel État. Pendant longtemps, ils ont boycotté les élections, pour protester contre les discriminations dont ils faisaient l’objet.  

Ils ont fait entendre leur voix lors du dernier scrutin

Un chef charismatique de la Liste arabe Unie, Ayman Odeh, a changé la donne. Pour la première fois, il a fait savoir qu’il acceptait de siéger dans une coalition avec des partis sioniste, sous certaines conditions. Avec 15 sièges, ils ne peuvent pas prétendre au pouvoir. Mais les Arabes israéliens viennent de montrer leur poids démographique et politique. L’adversaire de Benyamin Netanyahou, Benny Gantz, avait promis de ne pas faire alliance avec eux.  Mais s’il veut empêcher Bibi de rester Premier ministre, il lui suffirait d’un geste envers eux pour renverser la table.

Le 17 mars, le président désigne celui qui sera en mesure de former un gouvernement. C’est aussi le jour où s’ouvrira le procès de Benyamin Netanyahou pour corruption. En fait la situation est inédite : soit l’un des deux leaders des élections fait une alliance avec les partis ultra religieux juifs, soit il compose avec les Arabes israéliens. Ces derniers ont fait un gain majeur : on ne peut plus faire sans eux.

Une session parlementaire à la Knesset, à Jérusalem le 11 décembre 2019
Une session parlementaire à la Knesset, à Jérusalem le 11 décembre 2019 (GALI TIBBON / AFP)