Croatie : bonjour l'euro, adieu la kuna

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Bientôt un nouveau membre dans le club des pays de la zone euro : la Croatie va, à son tour, adopter la monnaie unique.

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Radio France
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Un distributeur de billets à Zagreb (Croatie). (UTE GRABOWSKY / PHOTOTHEK via GETTYIMAGES)

Ce sera le 1er janvier 2023, 10 ans exactement après son entrée dans l'Union. Bonjour l'euro, adieu la kuna, la devise croate, dont les pièces aujourd'hui portent toutes le dessin d'un animal, martre, poisson, ours ou rossignol. La Commission européenne a donné son feu vert jeudi 1er juin, estimant que la Croatie remplissait toutes les conditions. La Banque centrale européenne, elle aussi, a rendu un avis positif. Il faudra encore attendre la décision formelle des ministres des Finances des 27, en juillet, et la fixation d'un taux de change définitif. La Croatie deviendra alors le 20e pays de la zone euro.

Pour avoir son examen, il faut remplir un certain nombre de critères : d'abord, il ne faut pas avoir trop d'inflation. Sur un an, d'avril 2021 à avril 2022, la Croatie est à 4,7%, comme la France, c'est juste en-dessous du seuil maximal. Ses finances sont saines avec un déficit public inférieur à 3% du PIB. En revanche, sa dette est importante : elle représente 80% du PIB.

La Croatie vit essentiellement du tourisme, son économie relativement pauvre a été particulièrement touchée par le Covid-19. Depuis deux ans, les finances ont filé, mais les économistes saluent les efforts du gouvernement pour la faire baisser. Il faut aussi que les banques soient en bonne santé, que les données statistiques du pays ne soient pas trop fantaisistes, que les autorités luttent vraiment contre le blanchiment d’argent, etc. Sur tous ces critères, Zagreb a dû montrer patte blanche et cela a pris du temps. Aujourd'hui pour la présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen, l'adoption de l'euro va "renforcer l'économie de la Croatie, en bénéficiant à ses citoyens, ses entreprises et à la société tout entière, et cela va aussi renforcer l'euro".

Les Croates s'attendent à une hausse des prix

En Croatie, aussi, on est un peu moins optimiste. Selon une étude menée en mars et avril, l'introduction d'une nouvelle monnaie suscite pas mal de craintes : seuls 30% des quatre millions d'habitants jugent le pays prêt pour la monnaie européenne. Et 87% de la population pensent que ce passage entraînera des hausses de prix. Question délicate en cette période où toute l'Europe connaît une forte inflation.

Après la Croatie, parmi ceux qui frappent à la porte, il y a la Bulgarie, qui a lancé son processus en même temps que Zagreb mais qui a dû reporter son accession au mieux au 1er janvier 2024, faute de progrès économiques suffisants.

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