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Le monde de Marie. La Chine met la bible et le rap au pilori

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Mardi, de nouveaux faits montrent que la Chine veut tout contrôler.

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Le président chinois Xi Jinping à l\'Assemblée nationale populaire, à Pékin (Chine), le 20 mars 2018.
Le président chinois Xi Jinping à l'Assemblée nationale populaire, à Pékin (Chine), le 20 mars 2018. (GREG BAKER / AFP)

Pendant que le monde entier a les yeux rivés sur la Syrie, la Chine de Xi Jinping met un nouveau tour de vis sur l’opposition, en visant cette fois les rappeurs et les religieux.

Après les bouddhistes persécutés au Tibet, les musulmans ouïghours, c’est aujourd’hui au tour des catholiques chinois de faire les frais de la censure gouvernementale. Il est impossible de se procurer une Bible en Chine. Dans les librairies depuis longtemps, mais depuis deux jours cette interdiction touche aussi les ventes de Bibles en ligne.

En entrant le mot "Bible" sur les moteurs de recherche chinois, le client se verra proposer soit la "bible de l’alimentation pour bébé", ou la "bible de la diététique". Mais de Bible, point. Seules les églises contrôlées par une hiérarchie catholique nommée par les autorités chinoises (et non par le Vatican) est encore habilitée à proposer la Bible pour le moment. En attendant qu’une nouvelle version de la Bible plus conforme aux valeurs chinoises soit mise sur le marché.

Les catholiques dans le viseur du Parti

Derrière cette interdiction, il y a la claire reprise en mains du fait religieux et des catholiques en particulier qui, selon une nouvelle directive gouvernementale, sont invités à s’adapter aux règles de la vie dans une société socialiste et à s’ouvrir à la modernisation voulue par le Parti communiste chinois.

Pas sûr cependant que cette décision ait l’effet escompté. Elle pourrait en effet braquer les catholiques chinois, une population d'une dizaine de millions de personnes plutôt calme et à l’écart de la politique. Nettement plus que les rappeurs, à l’autre bout du spectre de ce serrage de boulons gouvernemental.

Rap patriotique

Depuis janvier dernier, en effet, la télévision chinoise interdit d’antenne les gens tatoués qui font du hip-hop et qui font la promotion de cette "sous-culture" immorale. Immorale, peut-être, mais drôlement vivante en Chine où le rap est devenu un moyen d’expression extrêmement populaire pour les jeunes urbains, qui s’affrontent en battles dans des émissions qui attirent 100 millions de téléspectateurs. Il ne leur reste plus qu’une issue : le rap patriotique, à l’image de ce rappeur qui fait des rimes sur le passé glorieux. Ou, pour les plus rebelles, de passer outre...

Le président chinois Xi Jinping à l\'Assemblée nationale populaire, à Pékin (Chine), le 20 mars 2018.
Le président chinois Xi Jinping à l'Assemblée nationale populaire, à Pékin (Chine), le 20 mars 2018. (GREG BAKER / AFP)