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Le monde de Marie. Des révélations sur la mort de Marie Colvin, tuée dans un bombardement en Syrie

On en sait plus sur la mort de la journaliste Marie Colvin à Homs en Syrie en 2012, lors du bombardement de l'immeuble où elle se trouvait. Un acte commandité.

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Marie Colvin, journaliste au \"Sunday Times\".
Marie Colvin, journaliste au "Sunday Times". (SUNDAY TIMES)

Cela fait plus de cinq ans maintenant que la famille de Marie Colvin, grand reporter au Sunday Times, se bat pour connaître la vérité sur les circonstances de sa mort en 2012 à Homs en Syrie.

Un grand pas vers la vérité a été franchi lundi 9 avril avec la déclassification de nouveaux documents, à la demande de la juge américaine qui instruit la plainte de la famille de Marie Colvin contre Bachar Al-Assad, le président syrien, accusé d’assassinat.

Les faits sont les suivants : 22 février 2012, Marie Colvin, 56 ans, grand reporter pour le Sunday Times, reconnaissable à ce bandeau sur son œil gauche perdu au Sri Lanka, rejoint un centre de presse discrètement installé dans un immeuble de Homs. Avec elle, le photographe britannique Paul Conroy qui l’accompagne, mais aussi la Française Edith Bouvier, journaliste free-lance, et le photographe français Rémi  Ochlik.

Ils savent que l’endroit est loin d’être sûr et qu’il faut partir au plus vite. Marie Colvin fait un dernier duplex pour la chaîne CNN. À trois mètres de la porte d’entrée, Marie Colvin et Rémi Ochlik sont atteints par un tir de missile. Ils meurent sur le coup tous les deux. Edith Bouvier est blessée à la jambe. Quant à Paul Conroy, déjà sorti dans la rue au moment de l’explosion, il est blessé et évacué vers le Liban.

"Marie Colvin était une chienne, qu’ils viennent la chercher maintenant"

Aujourd’hui, la famille de Marie Colvin en est certaine, l’attaque du bâtiment qui abritait les journalistes n’est pas due au hasard. Bien au contraire, elle les visait directement, comme le révèlent ces nouveaux documents exigés par la juge new-yorkaise. On y trouve notamment le débriefing d’un ex-officier syrien, au nom de code "Ulysse", qui raconte comment, grâce à une source anonyme, l’armée syrienne a localisé les journalistes.

"Marie Colvin était une chienne, qu’ils viennent la chercher maintenant", s’exclame le général syrien qui a ordonné l’attaque, avant de décréter une grosse fiesta pour fêter ça. Les révélations d’Ulysse devraient aussi faire la lumière sur une autre mort suspecte, celle de Gilles Jacquier, reporter d'Envoyé Spécial, en janvier 2012.

Ulysse est formel sur ce point, le journaliste français a été piégé par un proxénète au service de l’armée régulière, confortant ainsi la version défendue depuis le début par sa compagne Caroline Poiron, qui était à ses côtés. Peut-être une chance d’avoir enfin la vérité.

Marie Colvin, journaliste au \"Sunday Times\".
Marie Colvin, journaliste au "Sunday Times". (SUNDAY TIMES)