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"She walks in beauty", l’album de Marianne Faithfull qui rend heureux

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, l’artiste britannique Marianne Faithfull.

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 Marianne Faithfull lors de la cérémonie de remise des insignes de Chevalier de l\'ordre national de la Légion d\'honneur de la danseuse et chorégraphe Marie-Agnès Gillot au ministère de la Culture (15 Mars 2017).
 Marianne Faithfull lors de la cérémonie de remise des insignes de Chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur de la danseuse et chorégraphe Marie-Agnès Gillot au ministère de la Culture (15 Mars 2017). (LEON TANGUY / MAXPPP)

Chanteuse et actrice britannique, icône des années 60, on découvre Marianne Faithfull lorsqu'elle a 16 ans grâce à une chanson : As tears go by de Mick Jagger et des Rolling Stones. Après avoir lutté longtemps contre ses addictions, c'est en 1979 qu'elle renoue avec sa puissance artistique avec le titre Broken English dans lequel elle incarne en musique le poème de Scott Williams. Par la suite, elle met en musique les poèmes de Franck McGuinness, interprète l'œuvre de Kurt Weill et de Bertolt Brecht. Elle sort un nouvel album She walks in beauty avec le compositeur Warren Ellis et les contributions de Nick Cave, Brian Eno et Vincent Ségal.

franceinfo : C'était un rêve de pouvoir créer un album uniquement autour de la poésie, très importante à vos yeux ?

Marianne Faithfull : Oui, c'est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps. Et partir de l'anglais romantique du 19ème siècle, c'était particulièrement intéressant puisque j'ai commencé cela à l'école, adolescente, j'avais à peu près 14 ans.

J'adore les poèmes et la poésie.

Marianne Faithfull

à franceinfo

Ces lectures sont très méditatives. Warren Ellis a fait un travail remarquable pour justement laisser les mots en suspens. Sont-ils le reflet de votre sérénité acquise au fil du temps ?

Oui, sûrement. C'est probablement le cas. Ce n'est pas conscient d'ailleurs.

Êtes-vous plus sereine ?

Oui, je crois que je le suis.

Quand on écoute, par exemple, le poème de Thomas Hood qui parle de cette sans-abri qui s'est jetée du Waterloo Bridge à Londres, on parle de la mort. Vous avez réussi à vous sortir de situations quasiment désespérées comme la Covid pour laquelle vous avez été hospitalisée. Vous avez aussi fait un coma suite à une overdose. Que représente ce poème précisément ?

Elle, elle n'a rien ni personne et moi, j'ai eu une mère merveilleuse, j'adorais mon père. Ma mère était danseuse de ballet avec Max Reinhardt et après la fin d'une représentation un soir, elle est allée avec son partenaire faire du cabaret. Donc ma mère m'a raconté toutes ces histoires, assez bohémiennes d'ailleurs. Tout ça était très intéressant.

Je voudrais qu'on parle de To the Moon. Pour vous il est important d'écouter cette poésie, de prendre son temps.

C'est une des meilleures, à mon avis. La lecture, c'est bien, mais je me suis dit que je pouvais donner plus en lisant. Surtout avec Warren, avec sa musique, c'était différent. C'était un projet très spécial pour moi.

On a commencé à travailler avant la Covid et ce dont on s'est rendu compte avec Warren Ellis par la suite c'est que " She walks in beauty " était parfait pour ce moment particulier que l'on vit. Ça fait vraiment du bien.

Marianne Faithfull

à franceinfo

Est-ce une victoire sur la vie, cet album ?

Je n'en sais rien. J'ai été très malade, je ne vais pas encore beaucoup mieux. La Covid a affecté ma mémoire, mes poumons et je suis extrêmement fatiguée. C'est donc un peu dur en ce moment, mais ça va ! Cet album me rend heureuse, la musique également et la poésie est un art très important parce que ça nous aide vraiment à nous relaxer. 

 Marianne Faithfull lors de la cérémonie de remise des insignes de Chevalier de l\'ordre national de la Légion d\'honneur de la danseuse et chorégraphe Marie-Agnès Gillot au ministère de la Culture (15 Mars 2017).
 Marianne Faithfull lors de la cérémonie de remise des insignes de Chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur de la danseuse et chorégraphe Marie-Agnès Gillot au ministère de la Culture (15 Mars 2017). (LEON TANGUY / MAXPPP)