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Marie-Agnès Gillot : "La chorégraphie, c'est une transmission"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, la danseuse étoile et chorégraphe Marie-Agnès Gillot qui se partage entre trois spectacles.

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Marie-Agnès Gillot photographiée sur la scène de l\'Opéra de Paris le 15 mars 2018
Marie-Agnès Gillot photographiée sur la scène de l'Opéra de Paris le 15 mars 2018 (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Elle participe à trois spectacles actuellement à l'affiche ou en tournée : Les souliers rouges aux Folies-Bergères à Paris, Magma au Théâtre de Chaillot à Paris et en tournée en France et Les cartes blanches à la Seine musicale à Boulogne (Hauts-de-Seine). Actualité très chargée donc pour Marie-Agnès Gillot mais vécue sereinement : "Ce sont des projets qui se proposent à moi et c’est vrai qu’en ce moment tout s’enchaîne".

Être chorégraphe, "c'est mettre l'autre en valeur"

La comédie musicale Les souliers rouges c’est jusqu’au 19 avril aux Folies-Bergères à Paris. Marie-Agnès Gillot explique les raisons de sa participation avec sa collaboratrice Tamara Fernando pour faire la chorégraphie de cette comédie musicale écrite par Marc Lavoine, composée par Fabrice Aboulker et mise en scène par Jérémie Lippmann : "J’ai eu une proposition de Jérémie de l’accompagner dans la chorégraphie et j’ai accepté tout de suite donc j’ai fait plutôt les parties classiques et mon assistante Tamara a plutôt chorégraphié les parties contemporaines   (…) Et on s’est très bien entendu. C’est vraiment un effet de groupe, cette pièce. Chacun a mis son petit grain de sel et je pense que ça a bien pris".

Chorégraphe, une suite logique à sa carrière de danseuse, d’après elle : "C’est mettre l’autre en valeur. En fait, j’aime bien porter les gens et les mettre en scène, les rendre confiants. J’aime bien la transmission, et la chorégraphie c’est quelque part aussi un peu une transmission".

La danse sinon rien !

C’est à 5 ans que Marie-Agnès Gillot met ses premiers chaussons de danse, un justaucorps et un collant rose : "Ma mère m’a déposée au cours de danse, je n’en suis plus ressortie" et à 7 ans, elle dit déjà à ses camarades de classe qu’elle sera danseuse.

C’était un endroit que j’aimais parce que j’étais regardée, je dansais toute la journée sur de la musique classique (…) Mon corps s’éveillait (…) C’était mon espace de liberté, mon espace d’imaginaire.

Marie-Agnès Gillot

à franceinfo

À 9 ans elle est admise à l’Opéra de Paris. Elle y reste en pension jusqu’à ses 14 ans. Elle se remémore avec tendresse et nostalgie de madame Beaumont qui chouchoute ses petits rats coupés de leurs familles : "Je n’ai pas eu des tortionnaires, j’ai eu une petite dame trop gentille qui s’occupait des enfants et qui nous aidait à supporter le manque de maman". Mais l’éloignement du cocon familial n’est pas évident à vivre aussi jeune avec juste deux coups de fils hebdomadaires avec sa mère.

Marie-Agnès Gillot aurait pu passer à côté de sa carrière de danseuse car elle souffre d’une double scoliose : "La douleur ne m’a pas arrêtée. C’était plutôt la honte en fait. Le corset ce n’est pas un objet très joli, ce n’est pas seyant. Je me sentais différente donc ça j’avais du mal à l’accepter. Mais après j’ai décidé de la cacher, je m’habillais ample, toujours avec des cols pour pas qu’on voit la barre de fer qui était sur mes clavicules". Désormais, elle en porte un autre mais uniquement quand c'est nécessaire.

Danseuse étoile

Elle a 29 ans quand elle devient danseuse étoile, un moment vécu simplement. Elle retient de cette étape "la liberté" que ce statut confère : "C’est une consécration mais ce qui m’a apporté beaucoup de bonheur en fait, c’est la liberté parce qu’on est protégé quand on est étoile, on a moins d’heures d’entraînement, on est moins fatigué c’est plus appréciable"

Le plus dur arrive parce que c’est bien d’être nommée étoile mais il faut rester au niveau. Il faut être étoile tous les soirs (…) Il ne faut pas se relâcher. C’est ça le plus dur.

Marie-Agnès Gillot

à franceinfo

Aujourd'hui Marie-Agnès Gillot est une femme très heureuse et souligne sa chance : "J’ai quand même réussi à faire ce que je voulais, et de vivre de ma passion aussi. À l’heure actuelle, c’est une chance".

Les souliers rouges aux Folies-Bergères. Magma, une rencontre entre danse contemporaine et flamenco au Théâtre de Chaillot et en tournée en France. Les cartes blanches à la Seine musicale à Boulogne (92) les 13 et 14 mars, 21 avril, 14 mai et 20 juin.    

Marie-Agnès Gillot photographiée sur la scène de l\'Opéra de Paris le 15 mars 2018
Marie-Agnès Gillot photographiée sur la scène de l'Opéra de Paris le 15 mars 2018 (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)