Le monde d'Elodie, France info

Le dessinateur Cosey n’a pas de projets à long terme : "Moi je cherche mon plaisir. Je pense que c’est là où je travaille le mieux, quand je m’amuse"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, l’invité est Bernard Cosendai dit Cosey, auteur de bande dessinée suisse pour "Mickey : Minnie et le secret de Tante Miranda" aux éditions Glénat.

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Cosey.
Cosey. (JOEL SAGET / AFP)

Avec ce nouvel ouvrage de bande dessinée, Cosey retombe en enfance : "Ça c’est un vieux rêve d’enfant. J’avais deux rêves c’était de faire des albums genre de ceux que je lisais, les Spirou et Fantasio etc… Ou bien travailler pour Disney". Après avoir dessiné Mickey il y a trois ans, il s’intéresse aujourd’hui à sa "charmante fiancée dont je vous l’avoue, j’ai toujours été amoureux". Dans cette histoire, Minnie reçoit une lettre de sa tante Miranda exilée au Mexique après avoir passé des années à chercher le Big Foot dans l’Himalaya. Minnie, curieuse, part sur les traces de la créature légendaire.

Si j’ai une idée qui me plaît, j’ai très envie de la dessiner. Mais dessiner pour dessiner, ça m’ennuie très vite.

Cosey

à franceinfo

Cosey n’est pas un "dessinateur compulsif" mais le dessin arrive très vite dans sa vie : "Ah, c’est une passion !"

Il n’est pas bon élève et confirme que l'école l’ennuit "prodigieusement", ses parents, expert-comptable et mère au foyer, l’accompagnent dans son choix de raconter des histoires : "Ils ont compris très vite que je ne serai ni médecin ni avocat et donc, comme ils ont vu que je me passionnais, je pense que cela les a rassurés un peu."

Derib l’ami

Il fait une formation de graphiste et rencontre le dessinateur suisse Derib (1970), passionné des indiens d’Amérique (Yakari ou encore Buddy Longway dans le Journal de Tintin) après avoir lu une interview de lui. Ce dernier contribue à l’époque au Journal de Spirou avec Les aventures d’Attila et Cosey l’appelle, ils se lient d’amitié rapidement et Derib lui permet d’exercer ses talents de coloriste chez lui à la fin de son cursus : "Il a été d’une générosité magnifique (…) Et c’est toujours une super amitié."

Dans la foulée, il dessine les aventures de Monfreid et Tilbury : "C’est la première fois que je pouvais dessiner, puisque c’était des scénarios d’André-Paul Duchâteau et oui, c’était ma première publication, c’est des grands moments, c’est un rêve qui se réalisait."

Il poursuit son ascension au Journal de Tintin avec le personnage Jonathan (1977-2003) et il raconte qu’il s’inspire de sa propre image pour le façonner dans ses réflexions, sa nature mais aussi physiquement… en l'améliorant : "Ce côté partiellement autobiographique était un peu sa richesse mais en même temps, à la longue une contrainte pour moi donc j’ai quand même eu envie de faire autre chose". Cosey c’est aussi un décor : le Tibet. Au départ, il se documente avec les rares ouvrages et photographies qui existent puis se rend là-bas pour un premier voyage en 1976 : "Au départ, c’était pour la documentation puis maintenant c’est aussi du plaisir" et un engagement idéologique.

Reconnaissances

En 1976, il reçoit le Prix Saint-Michel de l’espoir en Belgique pour Jonathan. Et c’est en 1982, qu’on lui décerne l’Alfred du meilleur album au festival d’Angoulême pour Jonathan T7 mais le meilleur selon lui après avoir été primé de nombreuses fois tout au long de sa carrière c’est le cru 2017.

Le Graal, ça a été le Grand prix d’Angoulême en 2017 qui concerne l’ensemble de l’œuvre comme on dit. Et ça, ça fait surtout plaisir parce qu’en fait c’est l’ensemble de la profession qui vote. Donc ça m’a donné confiance.

Cosey

à franceinfo

En 1984, il met un peu de côté Jonathan pour s’attaquer à Peter Pan et A sa recherche, même si son éditeur n’est pas convaincu par l’idée, c’est un succès : "Cela m’a encouragé par la suite à m’écarter de la voie principale en faisant des titres tout à fait indépendants de Jonathan y compris notre amie, la jeune Minnie."

La suite ? "Je n’ai jamais de projets à long terme moi, je cherche mon plaisir. Je pense que c’est là où je travaille le mieux quand je m’amuse". Et il avoue qu’il pense à nouveau au Tibet mais pas forcément avec son héros Jonathan.

Cosey.
Cosey. (JOEL SAGET / AFP)