Henri Dès, compositeur et interprète suisse : "J'ai comme le sentiment de vivre une deuxième fois"

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd’hui, le compositeur, auteur et interprète suisse Henri Dès.

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Radio France
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Henri Dès chez lui, à Lonay (Suisse), le 4 février 2020. (AURELIE LADET / MAXPPP)

Henri Dès est un auteur, compositeur et interprète suisse. Il est de retour avec un nouvel album, "Autrement", sorti le 25 mars 2022. Ses chansons sont cette fois destinées aux adultes. C'est comme un retour aux sources pour le chanteur de 81 ans, qui a fait ses débuts dans les cafés et terrasses parisiennes. Ce nouvel opus invite à lâcher prise et à profiter de la vie.

franceinfo : Comment fait-on pour séduire, conquérir et continuer à maintenir l'attention des enfants ?

Henri Dès : Au départ, j'ai commencé par des chansons pour adultes, évidemment, parce que je n'avais pas d'enfants. Je n'aurais même pas imaginé que j'allais pouvoir écrire des chansons pour les enfants. Il faut être près d'eux pour essayer de comprendre ce petit monde. Si je n'avais pas eu mon fils Pierrick, puis ma fille, je n'aurais donc pas écrit de chansons pour enfants, c'est certain. 

J'ai toujours pensé qu'il fallait rester ce qu'on est donc je reste moi-même. Je leur parle comme je vous parle, avec des mots pour eux mais je ne cherche pas à faire des trucs particuliers. Je n'ai jamais de danseuses derrière moi, je suis tout seul sur mon tabouret et je chante avec mon contrebassiste. Les grosses salles chantent du début à la fin. 

Qu'est-ce qui fait que vous ayez eu envie de sortir un album pour adultes, cette fois-ci ?

C'est lié à un événement qui m'est arrivé. Entre mars 2019 et novembre 2019, j'étais mort et pas mort car j'ai eu un malaise cardiaque le 27 novembre à 17h57, en regardant un film De Niro. Aujourd'hui, je suis encore là. J'ai écris ces textes avant cela. Tous les matins, à 4 heures, je me réveillais. Je ne sais pas pourquoi, c'était comme une pulsion. Je notais des phrases et je me suis aperçu que ça allait dans la direction des adultes, ces chansons-là. J'ai eu vraiment le sentiment que c'était prémonitoire et que c'était en moi depuis longtemps parce que je ne pouvais pas raconter ce genre d'histoires aux enfants, ils ne les comprendraient pas.

Est-ce que ça a changé votre regard sur la vie après coup ?

J'ai comme le sentiment de vivre une deuxième fois. Je fait très attention à moi parce que j'ai vraiment envie de faire encore un petit bout de chemin pour voir ce qui va se passer, parce que j'ai un plaisir fou à défendre ce disque. Puis j'ai envie de tenir encore un peu. donc c'est comme une deuxième vie. 

Que représente pour vous le fait de sortir cet album, avec toujours la même force, la même envie ?

C'est vraiment autre chose tout à coup. La seule chose qui m'inquiète un peu, c'est que je suis marqué par mon genre : une personne qui chante pour les enfants. Si on met une affiche, même si elle est en noir et blanc, même si c'est marqué autrement, il y aura toujours des gens qui vont venir au spectacle avec des mômes de 4 ans et ils ne vont rien comprendre ! Cela me pose problème, je suis donc en train de voir si, éventuellement, je pourrais faire au départ très modestement des petites salles.

Comment est venue votre envie de faire de la musique ?

C'est Georges Brassens d'abord, mais Elvis Presley m'impressionnait par son charisme et sa puissance. Ce qui m'intéressait chez Georges Brassens, c'était évidemment sa musique et son texte, cette espèce de mariage magnifique qui m'a toujours parlé. Cela a toujours été un phare pour moi. C'est lui qui m'a vraiment inspiré dès le départ. L'un de mes copains avait un frère qui a découvert Brassens. Il avait une guitare et m'a fait écouter deux ou trois titres de lui. C'était l'époque notamment de Gare au gorille. Je suis allé acheter une guitare et il m'a appris deux ou trois accords.

Dès le départ, vous souhaitiez aussi écrire. Pourquoi ?

J'ai toujours eu envie de raconter la vie des gens. Pour les enfants, c'est leur petite vie et leurs petites bagarres, les pleurs, les rigolades... C'est pour ça qu'ils se retrouvent dans mes chansons parce que je raconte des choses qui les touchent.

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