"Black comedy" : Virginie Lemoine renoue avec la comédie

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd’hui, l’humoriste, comédienne et metteuse en scène, Virginie Lemoine. Elle joue actuellement, aux côtés de Mélanie Page et Arthur Jugnot, dans la pièce "Black comedy" de Peter Shaffer au théâtre du Splendid.

Article rédigé par
Elodie Suigo - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min.
La comédienne et metteuse en scène Virginie Lemoine lors d'un tournage à Gradignan (Gironde) le 10 septembre 2015 (JEAN-BAPTISTE QUENTIN / MAXPPP)

Virginie Lemoine, humoriste, comédienne et metteuse en scène, a été repérée au côté de Laurent Gerra avec leur duo fort et charismatique dans les émissions de Jacques Martin, de Michel Drucker ou encore de Laurent Ruquier. Elle est passionnée de théâtre, aime monter sur scène, mais elle écrit aussi et met en scène comme avec sa pièce La Diva à Sarcelles, nommée aux Molière 2010 et qui a reçu le prix du meilleur spectacle musical.

Aujourd'hui, elle est sur les planches aux côtés de Mélanie Page et d'Arthur Jugnot dans Black comedy au Théâtre du Splendid. C'est une comédie totalement déjantée, qui a totalement fait craquer l'Angleterre et est signée Peter Shaffer.

franceinfo : C'est l'histoire d'un artiste sculpteur qui s'appelle Grégory. Il accueille chez lui un mécène. Ce dernier peut changer sa vie. C'est un peu ce qui va se passer parce qu'à force de mensonges, on arrive finalement à être pris à son propre jeu. C'est un vrai regard sur le temps qui passe, sur l'obscurité. Il y a un vrai jeu de lumières aussi.

Virginie Lemoine : Oui, parce que ça se passe pendant une panne d'électricité. Mais ça, c'est le principe d'opposition qu'on retrouve dans toutes les pièces de Peter Shaffer. Effectivement, on peut tout à fait voir une allégorie du temps qui passe. C'est formidablement bien écrit. C'est pour moi un très, très grand plaisir de retrouver la comédie, les planches et puis de partager la scène avec six camarades, dont Mélanie Page et Arthur Jugnot, qui sont absolument formidables et d'une très grande rigueur.

À quel moment vous craquez pour ce métier ? Parce que ce sont vraiment les planches qui vous ont attirée très tôt.

Oui, petite je voulais être danseuse, mais j'avais des parents artistes et comme beaucoup de parents artistes, ils n'écoutaient absolument pas leurs enfants. Ils étaient vraiment dans l'expression assez limitée de leur art. Et ce qui m'a vraiment fait craquer, c'est une soirée à la Comédie-Française. J'avais été voir La puce à l'oreille avec mon frère aîné qui était organiste et donnait des cours d'orgue à Alain Feydeau. Et Alain Feydeau nous a fait visiter les coulisses de la Comédie-Française. Ensuite, il est venu dîner à la maison et nous a expliqué le fonctionnement de la Comédie-Française, qui était vraiment drastique à l'époque. Mais ça m'a fait rêver. Et le lendemain, j'ai dit à mon frère aîné : j'aimerais bien faire du théâtre. Il m'a m'emmenée à Rouen et j'ai commencé comme ça.

Votre frère aîné a été effectivement un vrai pilier pour vous, il vous a beaucoup apporté. Vous avez perdu votre maman très jeune. Que gardez-vous de vos parents ?

"Ma mère s'est beaucoup employée à développer chez nous l'imagination et nous disait : 'Vos résultats scolaires, je m'en contrefous, mais qui n'a pas d'imagination passe à côté de sa vie'."

Virginie Lemoine

à franceinfo

J'ai reçu beaucoup d'amour et en même temps, j'ai été vraiment plongé dans l'eau froide. J'ai eu une éducation extrêmement rigoureuse. Sinon, je les ai vus beaucoup frustrés d'une carrière qui ne leur convenait pas. Mon père était architecte, idéaliste, donc il ne s'est pas du tout épanoui dans sa carrière. Ma mère, à l'époque, avait trois enfants. Elle était peintre, mais sa carrière de mère au foyer devait passer avant. Elle était un peu amère, je pense, et ça m'a vraiment servi de leçon.

C'est-à-dire qu'en même temps, vous avez choisi quand même un travail de saltimbanque. Ça ne vous a jamais fait peur ?

Non, mais en revanche, on s'est donné les moyens de au moins pouvoir vivre de notre métier.

Il y a eu Les Ginettes que vous avez produit avec une chanteuse lyrique, Vera Cirkovic en 1982. Définitivement, vous mettez les pieds sur scène. Vous faites ce que vous avez envie de faire. Vous comprenez à ce moment-là que ce métier va faire partie de vous.

C'était en première partie de Juliette Gréco et j'étais tellement heureuse que j'ai cru physiquement que je pouvais m'envoler sur scène. Donc je me suis dit ça doit être à peu près par-là, ma voie.

C'est étonnant parce que quand on regarde, on a toujours ce sentiment qu'il y a une retenue. Ça vous a aidée à avancer de monter sur scène, de vous faire confiance, de vous envoler sur scène ?

Ma confiance en moi est toujours assez limitée et je pense que c'est pas mal. Mon second frère m'a dit : "Garde toujours ce manque de confiance parce que c'est une vraie lumière". Pour le reste, j'essaie toujours d'avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup de lucidité. Simone Signoret disait : "On ne fait pas ce métier sans lucidité", donc j'essaie d'avoir conscience surtout du monde qui m'entoure.

Vous avez été chroniqueuse aussi dans l'émission Rien à cirer de Laurent Ruquier, en duo avec Laurent Gerra. Ça a marqué beaucoup de choses dans votre vie. Dans ce duo, il n'y en a pas un qui dépassait l'autre.

Dans le travail, non. Sur scène, oui. On s'attachait beaucoup plus aux imitations de Laurent, ce qui est normal parce que ça fait appel à la référence immédiate. Et j'étais un peu le clown blanc. J'en avais parfaitement conscience. Je le faisais avec plaisir. C'était des années très heureuses, les années où on passe notre temps à travailler. On était le matin à la radio, le soir à la télévision, le week-end en tournée. C'était trop dense pour moi. J'avais l'impression d'être dans un immense avion et j'en voulais un plus modeste, donc j'ai réussi à changer d'avion sans accident.

Ensuite, vous avez enchaîné pas mal de choses comme Les Zaptualités, mais il y a toujours eu le théâtre à côté. Quelle place occupe-t-il dans votre vie ?

"Dans la mise en scène, j'adore avoir la jubilation de m'asseoir au fond de la salle et de recevoir l'histoire qu'on a concoctée au milieu des spectateurs."

Virginie Lemoine

à franceinfo

C'est immense. Je pense que la place principale, c'est le théâtre et j'aime beaucoup être sur scène, je m'amuse immensément, mais j'ai un carrefour qui me plaît beaucoup, qui est la mise en scène. C'est un très, très grand bonheur pour moi.

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