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Benoît Poelvoorde : "Si j'avais encore plus confiance en moi je serais insupportable !"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo et se confie. Aujourd'hui, l'acteur Benoît Poelvoorde.

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\"Je ne sacralise pas le cinéma\", affirme l\'acteur Benoît Poelvoorde, ici le 13 mai 2018 à Cannes.
"Je ne sacralise pas le cinéma", affirme l'acteur Benoît Poelvoorde, ici le 13 mai 2018 à Cannes. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Après la natation synchronisée dans Le Grand bain, Benoît Poelvoorde retourne au vélo dans Raoul Taburin a un secret, sorti le 17 avril. "Je crois que je suis le spécialiste de la chute en vélo. Sur Le vélo de Ghislain Lambert [de Philippe Harel, ndlr] je me suis vautré la seule fois où j'ai essayé de m'accrocher à une voiture, ce qui était une très mauvaise idée. Ici, la seule fois où je suis monté sur un vélo, je suis tombé, je n'ai plus de coude."

Le cinéma, il en fait comme un artisan. "Je ne sacralise pas le cinéma. Je fais du mieux que je peux, si quelqu'un n'est pas content, je lui dis 'Je fais ce que je peux'. Mais pour arriver à cet état, ça a été un long chemin. Je ne pense pas que je progresse au niveau de ma confiance en moi, ce qui serait dramatique parce que je suis quelqu'un de très égocentrique, donc si j'avais encore plus confiance en moi je serais insupportable ! "

Être égocentrique, c'est un peu nécessaire pour faire du cinéma. T'es quand même tout le temps centré sur toi. Moi je ne me lis pas, je ne me regarde pas, je ne m'écoute pas, je ne lis pas de critiques. Si je devais faire tout ça, je serais insupportable. C'est pour ça que beaucoup d'acteurs pètent un câble. Tout est fait pour qu'on te déresponsabilise, qu'on t'infantilise.

Benoît Poelvoorde

à franceinfo

Un lien fort avec son père

Dans le film Raoul Taburin a un secret, on suit en trame de fond la relation entre le personnage principal, joué par Benoît Poelvoorde, et son père. Un thème qui tient à coeur à l'acteur, qui a perdu son père alors qu'il n'avait que 12 ans. "Un enfant que tu prives des choses fondamentales, tu lui enlèves cette innocence sacrée qui fait partie de sa grandeur. Mon père m'a plus donné par son absence que par sa présence." 

Placé en internat par la suite, il décide de partir de chez lui dès ses 17 ans pour prendre son indépendance, un trait de caractère qui le suit depuis le début de sa vie. "Ca, c'est lié à mon enfance, à mon éducation. On a dû se débrouiller tout seuls très tôt. On était un peu obligé. Et en même temps, je ne sais rien faire, heureusement que j'ai quelqu'un qui s'occupe de moi ! Je suis relativement infantilisé."

Il y a des choses que je ne veux pas faire, et comme un enfant, je ne les fais pas. Il y a des choses que je ne sais absolument pas faire. Par exemple, je n'ai aucun sens de l'orientation. Mais à côté de ça, je sais faire des tas de choses où on se dit 'Comment tu sais faire ça', comme par exemple allumer un feu sans allumettes.

Benoît Poelvoorde

à franceinfo

Ancien des scouts et des louveteaux, estime-t-il avoir vécu une enfance heureuse ? "Moi, je suis pas quelqu'un qui regrette son enfance, c'est sûr, mais on peut pas dire que c'était pourri. Un jour, j'ai essayé d'écrire un scénario sur mon enfance, le producteur m'a demandé de lui raconter, avec une secrétaire qui écrivait. J'étais persuadé que c'était drôle. Elle, quand elle l'a lu, elle m'a dit 'Mais c'est atroce', alors que c'était pas du tout mon ressenti. Ça dépend de la manière dont on le regarde."

Pour regarder Benoît Poelvoorde à l'écran, c'est dans Raoul Taburin a un secret, au cinéma depuis mercredi 17 avril.

\"Je ne sacralise pas le cinéma\", affirme l\'acteur Benoît Poelvoorde, ici le 13 mai 2018 à Cannes.
"Je ne sacralise pas le cinéma", affirme l'acteur Benoît Poelvoorde, ici le 13 mai 2018 à Cannes. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)