Avec son premier album "Jim", Jim Bauer nous tend une carte de visite "un peu épurée, simple, sans trop de concepts"

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Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd’hui, le chanteur, compositeur, interprète, guitariste et fils d'Axel Bauer et de Nathalie Cardone, Jim Bauer. Il sort un premier album sobrement intitulé "Jim".  

Article rédigé par
Elodie Suigo - franceinfo
Radio France
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 (FRED DUGIT / MAXPPP)

Jim Bauer est chanteur, compositeur, interprète, guitariste. Il est le fils d'Axel Bauer et de Nathalie Cardone et le petit-fils de Frank Bauer, qui fût l'une des voix de Radio Londres, l'émission diffusée en France par la BBC après l'appel du 18 juin 1940. Il y a quelques mois, le grand public a découvert Jim Bauer lors de l'émission The Voice sur TF1. Après deux EP, il sort un album : Jim.

franceinfo : Quelle place occupe la musique depuis votre enfance ? On sent qu'elle vous accompagne depuis tellement longtemps.

Jim Bauer : J'ai finalement commencé la musique assez tard par rapport à la place qu'elle a maintenant. J'ai commencé à 13 ans par l'électro et le hip hop. Avant ça, je ne voulais faire que du dessin et je voulais bosser dans les jeux vidéo et dans les mangas. Je n'ai touché la guitare qu'à 15 ans. Je l'ai fait parce que je voulais me rapprocher d'une fille et il fallait que je m'inscrive dans les cours d'informatique musicale pour être dans sa classe. Et finalement, je ne lui ai jamais parlé, mais j'ai commencé la musique.

Aujourd'hui, vous sortez votre premier album qui s'appelle : Jim. C'est une carte de visite, une façon de vous présenter.

Pendant longtemps, j'ai eu le problème de me dire : OK, je commence par quoi ? J'ai appris plein de choses à force de travailler pour d'autres, je suis curieux et si je commence par un truc précis, on va dire : "C'est sa case". Je me suis donc dit : il faut que je commence par une sorte de carte de visite un peu épurée, simple, sans trop de concepts, mais qui montre juste un peu qui je suis, ce que je fais et essaie de donner. Peut-être une indication plus technique pour expliquer quelles sont mes 'touch' alors, j'ai fait une sorte de grande fresque.

Il y a 16 titres dans l'album. Vous avez tout mixé, tout créé vous-même. C'était important de garder la main et d'aller jusqu'au bout de cette démarche artistique ?

Ce que j'aime, c'est être à l'origine de l'idée, commencer par la page blanche. J'ai du mal à prendre des projets en route. En fait, c'était un peu aussi une forme de fanatisme, c'est-à-dire que je suis très fan de Lenny Kravitz, de Prince, d'artistes comme ça qui, en tout cas pour leur premier album, ont tout fait tout seuls. Et donc, je voulais faire pareil pour le mien.

C'est dur d'avoir des parents qui font de la musique ? Est-ce que ce n'est pas aussi ça qui vous a poussé à, un peu, retarder l'échéance ou à vouloir faire autre chose, exister par vous-même ?

Quand j'étais petit, oui, je pense. Mais ils étaient dans une sorte de folie avec beaucoup de succès qui faisait que moi, avec mon regard d'enfant, c'était quelque chose d'un peu "difficile" à vivre. Ce n'est pas "difficile", mais c'est bizarre de voir tout le monde aimer mes parents. Après, j'ai vécu dans le sud de la France et j'étais un peu plus loin de tout ça, ça m'a permis de prendre du recul et de voir la musique pour la musique et non pour le métier de la musique.

Qu'est-ce que vos parents vous ont transmis ?

Je dirais que ce sont deux personnes qui ont été très complémentaires. Mon père est un travailleur acharné, qui compose, qui est aussi un excellent producteur. Il y a plein de choses qu'on ne sait pas de lui, notamment tous les talents qu'il peut avoir. C'est un excellent multi-instrumentiste, au-delà d'être un des meilleurs guitaristes que je connaisse, peut-être même le meilleur. Ma mère est une des meilleures actrices que je connaisse et aussi une excellente chanteuse, qui porte beaucoup d'émotions et qui connaît très bien l'art de l'interprétation du corps, de la scène, etc. Et en fait, en puisant chez les deux, j'ai essayé de faire un petit peu mon micmac, mais il y a plein de choses dans lesquelles ils sont encore bien meilleurs que moi.

Il y a un vecteur qui vous relie à la musique, et ça fait l'unanimité, c'est votre voix. Quelle place occupe-t-elle ?

J'ai presque envie de vous dire que ça s'est imposé. Quand j'ai commencé la musique, je voulais être beat maker. Après, je voulais être guitariste. Par la suite, j'ai joué dans la rue pendant longtemps, à Montmartre, dans le métro, dans des bars et dans des clubs. J'ai crapahuté comme ça et dans cette situation, on attendait de moi que je chante. Pendant six ans, j'ai chanté sans micro et ça me poussait à envoyer la voix un petit peu plus fort, tout en sachant la doser pour ne pas la casser. Et puis maintenant, c'est ce qui me permet de créer un lien entre tout ce que je fais.

La chanson qui ouvre l'album s'appelle : Fears away. Ce n'est pas un hasard si vous la mettez en premier, elle vous correspond.

Oui. En réalité, c'est une des chansons les plus personnelles de l'album. C'est une chanson qui parle beaucoup du lâcher prise et de se dire : "Allez c'est bon, vas-y !" C'est toujours difficile pour n'importe quelle personne de foncer. C'est un chemin, ça prend du temps et c'est vrai qu'avoir confiance en soi, c'est quelque chose que j'apprends.

"Mes démons sont là pour m'inspirer, pour me donner de la force, une certaine intensité sur scène et aujourd'hui, ils me rendent heureux."

Jim Bauer

à franceinfo

Je pense que je reste quand même assez torturé, mais que j'ai réussi à le canaliser un peu dans la musique ou dans les textes. Je pense que ça fait aussi partie du processus pour devenir plus adulte et se connaître davantage. Moi, je m'en sers. 

Que représente cet album pour vous ?

Qui je suis aujourd'hui et c'est une photo d'identité assez neutre, sans essayer de mettre trop d'artifices ou de calculer quelque chose pour un concept ou quoi que ce soit, c'est juste : "Coucou, je suis là, c'est moi, je me présente", après, on va plus loin dans le TOC.

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