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"Avenue des géants" de Marc Dugain

Le nouveau roman de Marc Dugain, l'auteur de "La chambre des officiers", est une descente aux enfers. L'histoire d'un tueur en série américain, qui a assassiné, dans d'horribles circonstances, sa mère et ses grands-parents ainsi que sept femmes. Cet homme, condamné à la perpétuité conditionnelle a troublé l'écrivain qui s'est glissé dans sa peau pour tenter de le comprendre.

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Avenue des Géants , de Marc Dugain est publié chez Gallimard (363 p., 21,50E) – Note : **** Résumé : Inspiré d'une histoire vraie qui s'est déroulée entre le
milieu des années 60 et la fin des années 70, Avenue des géants raconte le
terrible destin de Edmund Kemper –ici appelé Al Kenner – tueur en série qui
défraya la chronique aux États-Unis. Kenner connaît une enfance
particulièrement difficile. Enfant de parents divorcés, il est confié à la
garde de sa mère – une femme caractérielle, dominatrice, impulsive, maltraitante.
À l'adolescence, il est envoyé chez ses grands-parents paternels, qui habitent
une ferme en Californie. Il subit alors la tyrannie de sa grand-mère, copie
conforme de sa mère... en pire. Un jour, alors qu'il rentre d'une partie de
chasse, Al abat froidement ses grands-parents. Aux policiers, il explique : "Je voulais juste voir ce que ça ferait de tuer grand-maman". Bien qu'âgé de 16
ans, il est interné dans un hôpital psychiatrique pour adultes. Libéré à l'âge
de 21 ans sur décision favorable des psychiatres, ce jeune homme – devenu un
géant de 2,10 m – réussit à tenir ses démons en cage pour un moment. Il obtient
un poste dans la Division des Autoroutes californiennes et prend un appartement
à Alameda, près de Santa Cruz. Al s'est toujours senti abandonné. C'est un être
cassé, humilié, rejeté depuis sa plus tendre enfance. Quand son rêve de devenir
policier s'écroule à cause de sa taille et de son poids, son sentiment
d'injustice est à son paroxysme. Il doit se venger. Tuer. Violer. Démembrer. C'est
avec une minutie effrayante qu'il prépare ses meurtres. Il va assassiner six
jeunes auto-stoppeuses, toutes étudiantes à l'Université du comté de Santa
Cruz. Il dépèce les victimes à la fois "par curiosité" et pour que les corps
soient plus difficiles à identifier. Il possède un stock de Polaroïds des
cadavres, qu'il regarde souvent en fantasmant ; quand il ne ramène pas
carrément leurs têtes en guise de trophées. Kenner sombre alors dans une forme
grave de schizophrénie : le tueur sanguinaire semble complètement inséré dans
la société, et passe même de long moment avec ses amis policiers qui lui
racontent les difficultés de leur enquête sur le tueur en série qui sévit dans
la région ! C'est après le meurtre de sa mère, en 1973, qu'il se livre à la police
après trente heures de conduite sur les routes du Colorado. Au psychiatre,
Kenner déclare : "Je voulais faire du mal à ma mère". Il touche alors du
doigt la clé du problème. Il élimine des femmes qu'il associe à sa mère :
celle-ci travaillait à l'université, il choisit donc des étudiantes. Jugé
responsable de 8 meurtres, Kenner est condamné à la prison à perpétuité. Dans
ce roman puissant et captivant Marc Dugain s'applique à décrire la figure du
mal quand elle s'incarne dans un tueur en série. Il conjugue ici sa passion
pour les États-Unis avec son intérêt toujours vif pour les personnages décalés,
marginaux, voire fous, mais qui permettent de saisir l'humanité dans ses
contradictions et ses excès.

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