Renault : plus de 110 000 salariés vont recevoir des actions gratuites

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Le constructeur automobile va distribuer à ses 110 000 salariés dans le monde six actions gratuites. Pourquoi une telle initiative ? Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
L'usine Renault de Douai (Nord). (DENIS CHARLET / AFP)

Le plan d’actionnariat salarié de Renault est massif, il couvre plus de 29 pays. Axa, Danone, Air liquide ont mis en place des dispositifs de cette ampleur mais globalement, cela reste assez marginal au sein des entreprises françaises. 

Sans rentrer dans les détails techniques, Renault, en plus des six actions gratuites, va donner à une majorité de ses salariés la possibilité d'acquérir des actions à prix réduit de 30%. Très concrètement, cela veut dire que presque tous les employés de Renault seront détenteurs d’une partie de l'entreprise. L’objectif de Renault est particulièrement ambitieux : multiplier par trois le nombre de salariés-actionnaires d’ici 2030, pour que 10% de son capital soit détenu par ses collaborateurs. Aujourd’hui, au sein du CAC 40, les salariés détiennent en moyenne moins de 4% du capital des groupes  

Renault fait ce choix parce que c’est une façon de récompenser ses salariés, de partager les profits avec eux, comme il le fait avec ses autres actionnaires. Si Renault engrange de bons résultats, ce sera une source de revenus non négligeable pour ses équipes. C’est aussi une façon de les associer à la stratégie car quand vous êtes actionnaires, vous pouvez assister à l’Assemblée générale, un moyen de les fidéliser à un moment où les entreprises s’arrachent les talents et où il y a de fortes tensions de recrutement, c’est aussi un levier. Enfin, c’est un signal de modernité  à un moment où Renault se redresse et veut montrer que la marque est en pleine transformation.

Un enjeu politique

C’est aussi un message très clair que Renault adresse à son principal actionnaire : l’État, qui détient 15% de son capital et qui demande que, face à l’inflation, les entreprises françaises développent les systèmes d’intéressement, de participation.

Le gouvernement veut organiser une grande conférence sur le partage de la valeur en début d’année prochaine. Emmanuel Macron a promis la mise en place d’un dividende salarié. Dans ce contexte, Renault joue les bons élèves.

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