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Pouvoir d'achat : des achats plus chers à cause des cartes bancaires ?

Allons-nous bientôt payer nos achats plus chers ? À cause, cette fois, des commissions de cartes bancaires. Le décryptage de Fanny Guinochet.
Article rédigé par Fanny Guinochet
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Une consommatrice utilise une carte bancaire pour payer ses achats. (RICHARD BRUNEL / MAXPPP)

Et vous, combien payez-vous ? Quand vous utilisez votre carte bancaire pour un achat, le commerçant doit reverser des frais de transaction à un réseau, qui assure les flux, vérifie que le paiement en carte bleue a bien été enregistré, que le client est solvable, etc... 

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Or, plusieurs enseignes comme Système U, la SNCF, ou encore CDiscount, mais aussi des petits commerçants, se plaignent que ces commissions prélevées par ces réseaux sont trop élevées, et notamment Visa et Mastercard. C’est-à-dire en réalité, ceux qui sont en dehors du réseau français classique. Les Anglo-Saxons appliquent une commission de change qui est plus chère. Selon des enseignes comme Système U, la différence est loin d’être négligeable : cette commission peut être dix fois plus chère pour un même achat ! Si vous le payez avec une carte classique, qui a bien le logo "CB", le commerçant reverse de 0,2 à 0,3% de commission au réseau, un montant qui est plafonné, alors que la commission peut aller jusqu'à 1,80%, si vous le payez via une Visa ou une Mastercard. 

Sujet politique ? 

Les commerçants sonnent l’alarme maintenant, parce que, selon eux, il y a de plus en plus de banques qui ne s’affilient plus au réseau CB, qui le contournent, parce qu'elles se font plus de marges en passant par des systèmes américains. Cela concerne toutes sortes d’établissements : des banques classiques, comme BPCE, mais aussi les banques en ligne, de plus en plus nombreuses, les "néobanques". Résultat : les achats payés avec des cartes qui ne sont plus labellisées CB augmentent. Comme ils sont facturés plus chers aux commerçants, c'est un manque à gagner pour les enseignes. Et ceux-ci préviennent : ils vont répercuter ces coûts supplémentaires sur les étiquettes.  

Mais alors que faire ? Contactée, la Fédération bancaire assure ainsi que ce n’est pas de son ressort, car c’est de l’ordre du "commercial". Sous-entendu : c'est un contrat qu'elles ont avec le réseau. Mais, avec une inflation encore élevée, le sujet risque de prendre de l’ampleur.

Il risque aussi de devenir politique, car en plus de la question du pouvoir d’achat des consommateurs, se pose celle de la souveraineté et de notre indépendance. Si, de plus en plus, de paiements transitent par des acteurs qui ne sont pas européens, cela peut poser problème.

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