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Le décryptage éco. Trump se retire de l'accord sur le nucléaire iranien : quelles conséquences économiques ?

Donald Trump a annoncé mardi le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire iranien. Plusieurs multinationales, dans différents secteurs, s’étaient lancées à l’assaut du marché iranien prometteur de 80 millions d’habitants.

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Le siège du groupe Total, à Paris, qui s\'était engagé dans un contrat à cinq milliards de dollars dans le champ gazier de South Pars, en Iran.
Le siège du groupe Total, à Paris, qui s'était engagé dans un contrat à cinq milliards de dollars dans le champ gazier de South Pars, en Iran. (PATRICK KOVARIK / AFP)

En annonçant mardi 8 mai le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, Donald Trump semble avoir choisi la voie de sortie la plus dure. Il faut donc s’attendre au rétablissement des sanctions appliquées avant l’accord de 2015, et peut-être même à l’adoption de nouvelles.

Trois à six mois pour résilier les anciens contrats

Concrètement, cela veut dire que les entreprises européennes ou étrangères s’exposent à des représailles, et notamment à la fermeture du marché américain si elles continuent de commercer avec l’Iran. Washington leur donne trois à six mois pour résilier les anciens contrats et interdit immédiatement d’en conclure de nouveaux. Étant donné le poids économique des États-Unis, quelle entreprise continuera à faire des affaires ou à investir avec l’Iran ? Très peu oseront ! Mardi soir, l'ambassadeur américain à Berlin a d’ores et déjà appelé les entreprises allemandes à cesser "immédiatement" leurs activités en Iran. Pourtant, d’un point de vue politique, la France, l’Allemagne, et le Royaume-Uni ont dit vouloir continuer à appliquer l'accord nucléaire iranien.

Quelles entreprises occidentales sont concernées ?

Même si ce n’était pas si facile de faire du business avec l’Iran, car Washington continuait de mettre des contraintes, plusieurs multinationales, dans différents secteurs, s’étaient lancées à l’assaut de ce marché prometteur de 80 millions d’habitants. Citons par exemple Airbus, General Electric. Ou encore Boeing, société américaine qui a, par exemple, dit immédiatement qu’elle se conformerait à la décision de la Maison-Blanche. Il y a aussi British Airways et Lufthansa, qui avaient repris des vols directs vers Téhéran et devront mettre fin à ces lignes si elles veulent continuer à opérer des vols transatlantiques. Ou encore Air France, qui avait ouvert des lignes vers Téhéran, mais la compagnie française avait déjà réduit la voilure avant cette annonce car ce n’était pas rentable.

Et du côté des entreprises françaises ?

Les échanges commerciaux entre la France et l’Iran avaient bondi depuis 2015. Mais, ce sont essentiellement des grands groupes qui investissent en Iran. Total avait été le premier à le faire. Ainsi, l’été dernier, le groupe s’était engagé dans un contrat de cinq milliards de dollars dans le champ gazier de South Pars. Il est probable que cet investissement sera mis en suspens. Idem, pour PSA ou encore Renault, qui avait noué des partenaires iraniens pour produire et vendre des voitures. Mercredi matin, PSA dit être totalement en conformité avec la réglementation internationale. Il n’empêche : après cette annonce de Trump, tous ces groupes seront contraints de revoir leurs ambitions. Les entreprises vont surement tenter de demander des dérogations aux autorités américaines, comme cela s’est déjà fait par le passé. Mais cela semble périlleux.

Le siège du groupe Total, à Paris, qui s\'était engagé dans un contrat à cinq milliards de dollars dans le champ gazier de South Pars, en Iran.
Le siège du groupe Total, à Paris, qui s'était engagé dans un contrat à cinq milliards de dollars dans le champ gazier de South Pars, en Iran. (PATRICK KOVARIK / AFP)