Le décryptage éco, France info

Le décryptage éco. Médicaments et crise du coronavirus : la Chine est la boîte à pharmacie du monde

La crise sanitaire met en lumière notre fragilité et notre dépendance vis-à-vis de la Chine en matière de médicaments. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Un employé dans une usine pharmaceutique avec des comprimés de phosphate de chloroquine, à Nantong (Chine). Photo d\'illustration.
Un employé dans une usine pharmaceutique avec des comprimés de phosphate de chloroquine, à Nantong (Chine). Photo d'illustration. (MAXPPP)

À l’occasion de cette crise du coronavirus, on découvre combien notre économie est dépendante de la Chine. La Chine n’est pas seulement l’usine du monde, elle est aussi sa boîte à pharmacie. 90% de la pénicilline, cet actif qui permet de fabriquer les antibiotiques, est par exemple produite en Chine.

Et c’est le cas pour toutes les molécules les plus courantes de l’industrie pharmaceutique : plus de la moitié de l’aspirine est fabriquée en Chine. On n’en produit plus en France. La dernière usine européenne, était située en Isère, elle a fermé en 2008. Pareil pour l’ibuprofène, cet antalgique commercialisé sous différentes marques comme Advil ou Nurofen : la moitié est fabriquée dans l’Empire du Milieu.

Les laboratoires achètent en Chine une grande partie de leurs composants en vrac, des vaccins, des anticancéreux, des génériques aussi. Dans les années 80, les entreprises de médicaments ont préféré délocaliser leurs usines en Asie et garder sur le territoire les activités de recherche et développement. En Chine, la main-d’œuvre était moins chère, c’était aussi plus facile en terme d’autorisations. Sauf qu’aujourd’hui, avec des usines asiatiques au ralenti, il y a des craintes de pénurie.

Stocks de sécurité

Il ne faut pas pour autant céder à la panique. C’est ce que disent les laboratoires pharmaceutiques qui se veulent rassurants, en tout cas, dans l’immédiat, car il y a des stocks de sécurité. En revanche, si l’épidémie venait à durer plusieurs semaines, ce serait une autre histoire. Et ce n’est pas pour rien que la Direction générale de la Santé vient de demander aux industriels de prendre des "mesures pour garantir la continuité de la couverture des besoins sanitaires". Ce qui veut dire, en clair, trouver rapidement un plan B.

Il y a quelques jours, Sanofi a annoncé qu’il allait relocaliser une partie de sa production en France et en Europe. Ça ne se fera pas demain, mais d’ici 2022. Le gouvernement encourage le mouvement. Olivier Véran, le ministre de la Santé, mais aussi Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, ont fait plusieurs déclarations cette semaine pour dire que pour la pharmacie et le médicament, il faut réindustrialiser notre pays. 

Un employé dans une usine pharmaceutique avec des comprimés de phosphate de chloroquine, à Nantong (Chine). Photo d\'illustration.
Un employé dans une usine pharmaceutique avec des comprimés de phosphate de chloroquine, à Nantong (Chine). Photo d'illustration. (MAXPPP)