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Le décryptage éco. Les banques invitées à être au chevet des entreprises en difficulté

Bruno Le Maire reçoit mardi (en visioconférence) les banquiers. Le ministre de l’Économie leur demande d’être plus conciliants avec les entreprises qui ont du mal à rembourser leurs prêts. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Le ministère de l\'Economie et des Finances à Bercy (Paris).
Le ministère de l'Economie et des Finances à Bercy (Paris). (AFP)

De l’avis de la CPME qui représente les petites et moyennes entreprises, les banques sont trop frileuses quand les entreprises demandent plus de temps pour rembourser les prêts garantis par l’État, les fameux PGE. A la création de ces PGE, en mars dernier, l’État avait déjà donné un délai d’un an avant que les banques puissent exiger le remboursement du crédit. Comme une année blanche, en quelque sorte, avant que les intérêts ne s’enclenchent. Le problème, c’est que ça fait presque un an ! Pour les entreprises qui ont pris ce type de prêt au début de la pandémie, en mars dernier, le compte à rebours du remboursement va bientôt s’enclencher. Sauf que comme la crise dure, beaucoup de sociétés n’ont pas les moyens de commencer à payer. Certaines sont même encore plus fragiles qu’avant.

C’est pourquoi Bruno Le Maire voudrait que l’ensemble des banques acceptent de façon automatique un report d’un an supplémentaire aux entreprises qui le demandent : c’est l’objet de la rencontre de mardi 12 janvier. 

Les banques veulent faire du cas par cas 

Certaines, comme la BNP ou BPCE, ont déjà donné leur feu vert. Mais plus que le délai, c’est le caractère "automatique" qui pose problème. La plupart des banques veulent garder la main sur les dossiers, faire du cas par cas. Elles expliquent que dans cette crise, elles jouent le jeu. Par exemple, le taux de refus de ces PGE s’élève à peine à 2,8%. 638 000 sociétés en ont bénéficié, en grande majorité des petites et moyennes entreprises d’ailleurs. Soit 130 milliards d’euros distribués au total. 

Dans un cas sur deux, les entreprises n’ont pas utilisé l’argent prêté. Avec ce système des PGE, beaucoup se sont constituées de l’épargne de précaution, comme les ménages en fait. Pour les ménages justement, c’est très différent. Pour les crédits immobiliers par exemple, les banques demandent plus de garanties qu’avant, car elles craignent les impayés. Mais le risque est plus important. On rappelle en effet que pour les prêts garantis par l’État, comme leur nom l’indique, l’État est garant jusqu’à 90% du montant prêté aux entreprises. Autant dire que ça change la donne.   

Le ministère de l\'Economie et des Finances à Bercy (Paris).
Le ministère de l'Economie et des Finances à Bercy (Paris). (AFP)