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Le décryptage éco. Le Covid-19 signe-t-il la fin du pétrole ?

Les groupes pétroliers sont grippés, entre suppressions de postes et l'arrêt de certaines raffineries. Vers la fin du pétrole ? C'est le décryptage éco de Fanny Guinochet.

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La Raffinerie de  Grandpuits en Seine-et-Marne. Total a annoncé sa fermeture en septembre 2020.
La Raffinerie de  Grandpuits en Seine-et-Marne. Total a annoncé sa fermeture en septembre 2020. (JOEL SAGET / AFP)

Avec le Covid-19, les déplacements automobiles et aériens ont diminué et la demande de pétrole a beaucoup baissé. Dans ce contexte, tous les groupes pétroliers se restructurent en supprimant des emplois et des sites.

La compagnie pétrolière ExxonMoblie, plus connue sous la marque Esso, prévoit un vaste plan d'économies et va supprimer 1 600 postes en Europe. Il y aura des suppresions en France d'ici 2021, puisque le groupe américain exploite une raffinerie à Fos-sur-Mer, près de Marseille, ainsi qu'un site en Seine-Maritime. 

Les groupes pétroliers verdissent leur offre

Il faut s’attendre à d’autres annonces de ce type de la part des compagnies, car même quand l’économie se sera remise du Covid-19, on ne consommera plus jamais autant de pétrole qu’avant. Si le pétrole était considéré comme "l'or noir" depuis des années, il devient aujourd'hui polluant et encombrant.  

Pour faire face et s'adapter, les groupes pétroliers prennent le virage de la transition écologique. Tous s'engagent à verdir leur offre, et la concurrence fait rage. Le groupe britannique British pétroleum, mais aussi Total, visent la neutralité carbone en 2050. Pour y parvenir, le groupe français veut se diversifier dans l'électricité et les énergies renouvelables. Par exemple, la raffinerie de Grandpuits, en Seine-et-Marne, va fermer pour devenir un site "zéro pétrole" où seront produits des biocarburants et des bioplastiques. 

Pour les consommateurs, les prix à la pompe ont déjà baissé cette année. Le sans plomb a perdu autour de 15 centimes par litre en moyenne, le gazole plus de 20. La tendance devrait se poursuivre, entre la reprise chaotique et les stocks pétroliers encore très importants au niveau mondial. La fermeture ces derniers jours de 4 gisements de pétrole en Norvège crée un peu de pénurie et dope un peu les prix mais il y a peu de chances qu’elle change la donne. C'est donc une bonne nouvelle pour les automobilistes, puisque les tarifs devraient rester modérés ces prochains mois.  

La Raffinerie de  Grandpuits en Seine-et-Marne. Total a annoncé sa fermeture en septembre 2020.
La Raffinerie de  Grandpuits en Seine-et-Marne. Total a annoncé sa fermeture en septembre 2020. (JOEL SAGET / AFP)