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Le décryptage éco. La natalité française a chuté en janvier

La France a enregistré en janvier une chute de sa natalité de 13% sur un an. L’Insee parle d’une baisse inédite des naissances depuis 1975. Difficile de ne pas y voir les effets de la crise.

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Un nouveau né à la maternité d\'Abbeville (Somme).Photo d\'illustration.
Un nouveau né à la maternité d'Abbeville (Somme).Photo d'illustration. (PASCAL BACHELET / BSIP / AFP)

Certains imaginaient que le confinement pourrait avoir un impact positif sur les naissances avec des couples augmentant la fréquence de leurs rapports. Non, le baby-boom post-confinement que certains attendaient n’a pas eu lieu. L’Insee note que les 53 900 bébés nés en janvier ont bien été conçus pendant le premier confinement instauré à la mi-mars 2020, mais le principe de réalité a pris le dessus : le contexte de crise sanitaire et de forte incertitude a visiblement découragé les couples de procréer… à moins que les projets de parentalité ne soient reportés. Et puis, avec le confinement, les centres de procréation médicalement assistée ont été fermés, les recours aux IVG perturbés. Quand nous aurons un peu plus de recul, il faudra regarder de près si ces deux éléments ont joué aussi dans les statistiques.

La natalité en France est en baisse constante depuis six ans, mais la chute observée le mois dernier est sans commune mesure avec les replis qui ont été observés dans le passé. Il faut remonter à la fin du baby-boom en 1975 pour observer un phénomène d’une telle ampleur. Et si on regarde l’ensemble de 2020 : avec 740 000 bébés qui ont vu le jour, le nombre de naissances en France a atteint son plus bas depuis la fin de la guerre en 1945.

Quelles conséquences économiques et sociales ?

La chute des naissances pose problème à plusieurs niveaux : c'est un casse-tête à long terme pour l'État pour le financement des retraites : moins de jeunes actifs, ce sont moins de cotisants pour les aînés. Une croissance de la population active qui ralentit pèse sur la croissance économique : moins de PIB par habitant (moins de richesse produite), c'est généralement une baisse du niveau de vie. Sans parler de l'impact sur les flux migratoires pour compenser une population active qui décroît dans des pays qui continuent à avoir besoin de main d'œuvre. Donc, oui, la baisse de la natalité d'un pays est une question importante pour tous les gouvernements, quels qu’ils soient.

Un nouveau né à la maternité d\'Abbeville (Somme).Photo d\'illustration.
Un nouveau né à la maternité d'Abbeville (Somme).Photo d'illustration. (PASCAL BACHELET / BSIP / AFP)