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Le décryptage éco. Hôpitaux : les opérations inutiles plombent les comptes de la Santé

Le ministère de la Santé veut s'attaquer aux opérations inutiles et actes superflus, ce qui permettrait d'économiser 50 milliards d'euros. Le décryptage de Fanny Guinochet. 

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Dans un bloc opératoire (image d\'illustration). 
Dans un bloc opératoire (image d'illustration).  (MARTIN BUREAU / AFP)

Une étude de la Fédération hospitalière de France révèle que dans de nombreux cas, il y aurait des interventions chirurgicales inutiles en France. L’organisme qui représente les hôpitaux publics a passé au crible plusieurs interventions comme la césarienne, la chirurgie de la colonne vertébrale, la pose d’un stent.

Les résultats montrent qu’il y a des actes inutiles, et que l’on n’est pas égaux selon l'endroit où on habite. Par exemple, on opère plus souvent les hernies discales, dans le Sud-Est et le Sud-Ouest qu'en région parisienne. On a 50 fois plus de risques d’avoir recours à un pontage coronarien dans certains départements

Il y a aussi des différences entre privé et public. Par exemple, il y a plus de césariennes dans le privé que dans le public : 40% contre 30%.

Une conséquence de la "tarification à l'activité"

Pourquoi de telles variations ? Il y a plusieurs explications. D’abord, le système de tarification de l’hôpital, la fameuse T2A (tarification à l’activité). Les hôpitaux sont rémunérés en fonction du nombre d’opérations et d’actes médicaux qu’ils font. Du coup, pour garder leur dotation, pour qu’on ne leur ferme pas un bloc, ou qu’on ne leur supprime pas un service, certains établissements multiplient les actes… même si ce n’est pas nécessaire.

Il y aussi la pression des patients qui veulent être soulagés plus vite. Ou encore les médecins. Plutôt que de passer la nuit à attendre qu’une patiente accouche, vous faites une césarienne, quelques heures après c’est fini.

Les médecins reconnaissent des actes superflus

Il y aurait une responsabilité des médecins qui opèrent trop souvent et ils le reconnaissent eux-mêmes. La Fédération hospitalière publie un sondage intéressant réalisé par Odoxa dans lequel 9 médecins sur 10 disent prescrire des actes ou des examens injustifiés. Pour autant, il n’est pas évident de faire en sorte que les médecins changent leurs pratiques, car cela touche à la liberté médicale.

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a décidé de s’attaquer au problème. Selon elle, 30% des dépenses de l’assurance maladie sont dus à des actes inutiles. Si on était plus regardant sur les prises de sang, IRM, scanners, opérations, si on évitait aussi que des actes soient faits deux fois. On pourrait économiser 50 milliards d’euros chaque année.

Agnès Buzyn veut changer le mode de tarification, en instaurant par exemple un système de bonus pour les hôpitaux qui préfèreront la qualité des soins plutôt que la quantité. En attendant, vous pouvez toujours demander un autre avis médical plutôt que de vous en tenir juste à ce que vous dit votre praticien

Dans un bloc opératoire (image d\'illustration). 
Dans un bloc opératoire (image d'illustration).  (MARTIN BUREAU / AFP)