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Le décryptage éco. En France 81% des dépenses en prestations sociales sont des dépenses de santé et de vieillesse

L’argent alloué à la pauvreté et à l’exclusion sociale ne représente par exemple que 3%.

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Photo d\'illustration, des locaux de l\'Assurance Maladie en France
Photo d'illustration, des locaux de l'Assurance Maladie en France (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Alors que le gouvernement passe en revue les aides sociales, un rapport du ministère de la Santé apporte des éclairages : la France dépense beaucoup en prestations sociales mais la plupart sont des dépenses de santé et de vieillesse. Le rapport, qui vient d'être publié, dresse l’état des lieux de notre protection sociale en France. Les chiffres datent de 2016 mais confirment que la France dépense beaucoup en prestations sociales : presque 760 milliards d’euros par an, soit 32% de notre richesse nationale. La  France est ainsi le pays qui dépense le plus en Europe, puisque la moyenne européenne se situe plutot autour de 28% du PIB.

81% de ces prestations sont des dépenses de santé : pour la maladie, l’invalidité et mais aussi des dépenses de vieillesse : la retraite, le minimum vieillesse. C’est l’illustration que nous sommes un pays vieillissant, comme la plupart des pays européens, d’ailleurs. Rien que les pensions de retraite représentent chez nous plus de 300 milliards d’euros par an.  

La répartition n'a pas changé depuis 20 ans

L’argent alloué à la pauvreté et à l’exclusion sociale ne représente par exemple que 3%. Les prestations sociales d’aide pour se loger (qui recouvrent les APL, l’allocation de logement à caractère familial, ou l’allocation logement à caractère social) absorbent aussi seulement 3% des prestations Les aides à la famille, pour l’accueil des jeunes enfants, les allocations familiale, représentent 8%. Et cette répartition n’a pas beaucoup changé depuis 20 ans, Même si la part de la vieillesse a un peu augmenté du fait de l’allongement de l’espérance de vie et la hausse du nombre de personnes âgées.  

D’où viennent les financements ?

Les deux tiers des financements proviennent des cotisations sociales versées par les salariés, mais aussi les employeurs. Mais cette part a tendance à baisser et c’est de plus en plus l’impôt qui prend le relais. Et cela devrait l’être encore plus dans l’avenir, avec le transfert des cotisations chômage et maladie vers la CSG. Il est aussi intéressant de constater qu’en tendance les dépenses baissent, car des efforts ont été réalisés. La réforme des retraites de 2010, par exemple, qui a retardé l’âge de départ à 62 ans dans le secteur privé, a permis de limiter les dépenses  

Et quelle est l’efficacité de ces prestations ?

Le rapport ne se prononce pas explicitement sur l'efficacité de ces prestations. Mais il y a, par exemple, un indicateur intéressant sur le risque de pauvreté et d’exclusion sociale. Et la France a un des taux des plus faibles de l’Union, même si on affiche 18% contre plus de 23%, pour la moyenne de l’Union. Depuis 10 ans, les budgets de lutte contre la pauvreté ont augmenté. Mais cela n’a pas empêché, qu’entre 2008 et 2016, le nombre de personnes pauvres augmente de 300 000 personnes dans l’Hexagone. Sur ce sujet, le gouvernement a promis d’annoncer un vaste plan au début du mois de juillet

Photo d\'illustration, des locaux de l\'Assurance Maladie en France
Photo d'illustration, des locaux de l'Assurance Maladie en France (PHILIPPE HUGUEN / AFP)