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Le décryptage éco. Ce qui inquiète les banques et les entreprises en Catalogne

Le référendum sur l'autodétermination de la Catalogne inquiète certaines banques et entreprises. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Un distributeur de Banco Sabadell à Barcelone, en octobre 2017.
Un distributeur de Banco Sabadell à Barcelone, en octobre 2017. (PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)

En Espagne, depuis le référendum sur l’indépendance de la Catalogne dimanche, c’est la crise. La deuxième banque catalane a décidé de transférer son siège social hors de la région.

Banco de Sabadell, la deuxième banque catalane, a vu son cours s’effondrer après le référendum. Jeudi 5 octobre, son conseil d’administration s’est réuni en session extraordinaire et a décidé de transférer son siège à Alicante, dans le sud-est de l’Espagne. C’est un choc, car elle compte plus de 26 000 employés et elle est installée depuis 1881 en Catalogne.

De la même façon, la CaixaBank, troisième banque du pays, qui représente 37 000 salariés, réunit elle aussi son conseil d’administration vendredi. Elle envisage de déplacer son siège aux Baléares. Si la CaixaBank fait ses bagages, ce sera là aussi un séisme. L’histoire de cette ancienne caisse d’épargne née en 1904 est liée au développement de la Catalogne.

La question de l'accès à l'euro

L’annonce et la perspective de ces déménagements ont fait remonter illico leurs cours de bourse. Les banques ne veulent pas perdre leur accès au financement de la Banque centrale européenne.

Les banques ne sont pas les seules à penser partir, plusieurs entreprises quittent la Catalogne. Dans la high-tech, la société Oryzon Genomics vient d’annoncer son départ pour Madrid ; l’opérateur de télécom Eurona Wireless Telecom a lui aussi choisi de partir. Ces entreprises ne veulent pas être exclues de la zone euro, ce qui revient à perdre un marché de plus de 500 millions de consommateurs. Et ce qui veut dire, aussi, perdre l’euro.

La note de Standard & Poor's dégradée

Du coup, quitter la Catalogne rassure les investisseurs. Et, ils ont de quoi être inquiets. L’agence de notation Standard & Poor’s a placé, jeudi, la région sous surveillance négative. L’agence avait déjà dégradé l’année dernière la note de la Catalogne, car elle trouvait que, même riche et en pleine croissance, la région était mal gérée.

Si la Catalogne se sépare de l’Espagne, d’autres dégradations sont à prévoir. La région va avoir un vrai problème avec sa dette, qui est très élevée et très spéculative. Sans la caution de l’Etat central, elle aura du mal à se refinancer sur les marchés.

Et cela peut peser sur la croissance globale de l’Espagne. Le patronat national espagnol a d’ailleurs exprimé sa "préoccupation maximale". Les patrons essaient de faire pression sur les séparatistes, plusieurs économistes alertent sur les impacts négatifs sur la croissance globale du pays. La situation politique ralentit déjà la reprise, ce qui est dommage, car l’Espagne était en train de sortir de la crise.

Un distributeur de Banco Sabadell à Barcelone, en octobre 2017.
Un distributeur de Banco Sabadell à Barcelone, en octobre 2017. (PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)