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Le décryptage éco. Covid-19 : une facture astronomique de 424 milliards d'euros pour la France

Un chiffre vertigineux, 424 milliards d’euros, c’est le coût de la crise du Covid-19 en France. C’est du jamais vu. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Un patient atteint du coronavirus en réanimation à l\'hôpital Bretonneau de Tours (Indre-etLoire). Photo d\'illustration.
Un patient atteint du coronavirus en réanimation à l'hôpital Bretonneau de Tours (Indre-etLoire). Photo d'illustration. (MARCELLIN ROBINE / FRANCE-BLEU TOURAINE)

Difficile de trouver des comparaisons historiques, mais 424 milliards d'euros cela correspond à 20%, un cinquième du PIB français, le produit intérieur brut annuel, la richesse créée collectivement. Et si on divise par le nombre d’habitants, 66 millions, c’est un peu plus de 6 300  euros par Français. Attention, toutefois, cette addition des dépenses  établie par Bercy s’étale sur une période de trois ans : entre 2020 et 2022. 158 milliards pour 2020, 171 milliards pour cette année et 96 milliards pour l’année prochaine.Ce qui signifie que pour le gouvernement, en 2023, la crise sera derrière nous.

Dans cette enveloppe, il y a d’abord les dépenses de santé liées à l’épidémie mais aussi toutes les mesures prises pour soutenir les entreprises : le fonds de solidarité, les nombreux prêts consentis, y compris pour sauver Air France, la SNCF ou encore Renault. Egalement, le chômage partiel pour maintenir l’emploi des français et limiter la casse sociale. Enfin, Bercy intègre aussi les manques à gagner, les impôts, taxes, cotisations qui n’ont pas pu être encaissées à cause du ralentissement de l’économie. Sans oublier les 100 milliards d’euros du plan de relance.  

Une facture hors normes qui inquiète la Cour des comptes

Dans un rapport publié mardi 13 avril, la Cour des comptes organisme épingle le gouvernement sur sa gestion du "quoi qu’il en coûte". Certes, le contexte sanitaire et économique était incertain, mais selon la Cour, le gouvernement a manqué de réalisme, voyant parfois trop large dans ses estimations financières. Par ailleurs, les magistrats pointent également une explosion des dépenses courantes, ordinaires de l’État, qui, pour le coup, n’ont rien à voir avec la crise. Et Ils craignent que cette tendance ne s’installe, que la France atteigne un point de non-retour budgétaire. 

La solution pour en sortir n’a pas fini de donner lieu à des débats, notamment à l’approche de l'élection présidentielle. Le gouvernement promet en tout cas, qu’il n’y aura pas d’austérité, ni aujourd’hui, ni demain, pas de hausse d’impôts non plus. Optimiste, il compte sur la croissance, et se donne cinq ans pour rétablir les finances publiques après la crise. En attendant, pas de mystère : pour payer, la France va continuer à s’endetter.         

Un patient atteint du coronavirus en réanimation à l\'hôpital Bretonneau de Tours (Indre-etLoire). Photo d\'illustration.
Un patient atteint du coronavirus en réanimation à l'hôpital Bretonneau de Tours (Indre-etLoire). Photo d'illustration. (MARCELLIN ROBINE / FRANCE-BLEU TOURAINE)