Le décryptage éco, France info

Le décryptage éco. À quoi tient cette légère remontée du chômage ?

Le chômage s'établit à 8,6 %. Les chiffres sont parus jeudi. Plus 0,1 point. Le chômage est remonté ce 3e trimestre selon le Bureau international du travail. À quoi est-ce dû ? Faut-il s'inquiéter ? Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Une agence Pôle Emploi à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Une agence Pôle Emploi à Nancy (Meurthe-et-Moselle). (ISABELLE BAUDRILLER / FRANCE-BLEU SUD LORRAINE / RADIO FRANCE)

On observe une petite remontée du chômage de plus 0,1 point. Il s'établit à 8,6%. On s’attendait plutôt à une baisse et là, petite déception : entre juillet et septembre, le chômage est reparti à la hausse, selon les chiffres du BIT, le Bureau international du travail. Ça fait grosso modo 10 000  personnes en plus ce 3e trimestre qui cherchent un emploi. Est-ce le début d’une inversion de tendance ou juste un petit soubresaut passager ? Ces derniers mois, le chômage était sur une baisse continue : passant même sous la barre des 9%, on n'avait pas vu ça depuis 10 ans. Prenez les créations d’emplois : sur la même période entre juillet et septembre, le secteur privé a enregistré 54 300 créations nettes d'emplois, c’est dynamique. Deux explications à cette remontée du chômage : les problèmes d’adéquation entre les compétences et les postes – il y a des emplois, mais les gens au chômage n’ont pas les diplômes, les habilités pour les prendre – et puis les salariés ont peut-être aussi anticipé les nouvelles règles de l’assurance chômage : en négociant par exemple des ruptures conventionnelles avant le 1er novembre dernier, pour pouvoir s’inscrire à Pôle emploi avant que la réforme assurance chômage, moins avantageuse pour eux, n’entre en vigueur.

Ces chiffres de l’Insee ne tiennent pas compte de la réforme

C'est trop court. Avec ce nouveau système, le gouvernement espère bien inciter les Français à reprendre un travail plus rapidement et donc faire diminuer le nombre de demandeurs d’emplois assez drastiquement. Cette réforme durcit les règles, et selon les syndicats elle est même assez violente : il faudra travailler plus qu’avant pour prétendre à une indemnité chômage, un chômeur sur deux devrait être perdant. De son coté, l’exécutif compte dessus pour ramener la France au niveau du plein emploi.

Emmanuel Macron a promis de ramener le taux de chômage à 7% à la fin du quinquennat 

Emmanuel Macron n’arrivera peut-être pas à 7% pile, mais de l’avis de nombreux économistes, passer en dessous de 8% semble atteignable. À condition toutefois qu’il n’y ait pas de crise notable. Vu l’environnement économique actuel, avec les guerres commerciales, on n’est pas à l’abri. À condition aussi de régler ce problème de décalage entre les compétences et les emplois disponibles – qui reste un des principaux problèmes de la France –  en matière de marché du travail. Les chefs d’entreprises se plaignent d’avoir des jobs disponibles mais pas la main d’œuvre qualifiée. Le gouvernement prévoit de déployer 15 milliards d’euros pour la formation des chômeurs mais ça prend du temps. Bref, ce n'est pas totalement gagné pour Emmanuel Macron.

Une agence Pôle Emploi à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Une agence Pôle Emploi à Nancy (Meurthe-et-Moselle). (ISABELLE BAUDRILLER / FRANCE-BLEU SUD LORRAINE / RADIO FRANCE)