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La France et l'Europe peuvent-elles se sauver du marasme économique ?

La banque centrale européenne a-t-elle ce pouvoir magique, ou chacun des États doit-il d’abord compter sur lui même ?

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Margaret Thatcher avait dit un jour, méchamment, que l’Europe était une union d’arrières pensées, ça n’a peut-être jamais été aussi vrai qu’en cette rentrée. Des responsables politiques, en France comme ailleurs en Europe, se prêtent à un drôle de jeu. Les uns louent l’action de la banque centrale européenne, pour mieux condamner les politiques nationales d’austérité, comme par exemple Arnaud Montebourg ; les autres, surtout en Allemagne, s’inquiètent de voir cette puissante institution tourner le dos à l’orthodoxie, comme si son président menait une politique laxiste. Ceux là visent surtout les pays cancres de l’Europe, qui promettent sans cesse des réformes, sans jamais les faire vraiment. La France, vous l’avez compris, est dans leur viseur.

Mais que dit de si extraordinaire, Vincent, le président de la banque centrale européenne, l’italien Mario Draghi ?

Comprendre les propos d’un banquier central relève en général du tour de force. L’un deux, l’américain Greenspan, avait même eu un jour cette formule géniale : « Si vous m’avez compris, c’est que je me suis mal exprimé ». On se croirait dans un sketch de Raymond Devos.

Mais la chance de l’Europe, c’est d’avoir à la tête de la banque centrale de l’euro, un homme d’exception qui parle une langue limpide pour qui veut bien l’écouter attentivement. Si Mario Draghi était un footballeur, on dirait, un peu trivialement, qu’hier, il a mis tout le monde d’accord. Alors je vous traduis le message :

1 – La situation est extrêmement préoccupante : l’Europe est au bord de la récession, peut-être même au bord d’un mal plus grave encore, dont on peut mettre dix ans à guérir, la déflation, même si Draghi s’est bien gardé de prononcer le mot qui fait peur.

2 – Pour s’en sortir, il est urgent que chacun fasse sa part de job.

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