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La croissance dans les pays de l'union européenne restera faible

La commission européenne révèle ses prévisions de croissance pour les pays de l’Union. Ça s’annonce pire que prévu

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S’il fallait une nouvelle confirmation, elle est venue de Bruxelles hier. Le premier problème de l’économie mondiale aujourd’hui, c’est bien l’Europe. Ça n’allait  pas fort. Et bien il n’y a aucun espoir de rebond en 2015 ni en 2016, si l’on en croit les chiffres de la Commission européenne qui sont tous plus pessimistes qu’il y a seulement trois mois. La croissance dans la zone euro a été 0,8% en 2014, elle ne sera que de 1,1% l’an prochain. C’est un tout petit mieux si en moyenne si on prend les 28 pays de l’union globalement, avec une prévision de 1,5%, mais ça reste désespérément modeste. Et c’est la plus mauvaise des performances des grandes zones de l’économie mondiale : l’économie est repartie aux Etats-Unis ; en Chine, le rythme a un peu ralenti mais la croissance reste au dessus de 7% ; en Afrique, malgré Ebola, les guerres et les coups d’Etat, la croissance devrait dépasser les 5% en 2015 et 2016. Bref, c’est l’Europe qui va mal. Est-ce que l’Europe est entrée dans une longue phase de stagnation ou de toute petite croissance ?   Ça y ressemble fort. Et il va falloir s’y habituer. Les trois premières économies de la zone euro, l’Allemagne, la France et l’Italie, ensemble ces économies pèsent plus de 60% du PIB de l’union monétaire, et quand c’est trois là vont mal, c’est tout le continent qui plonge. Est-ce que ça va durer ? Ce n’est pas exclu. C’est le scénario noir. C’est celui par exemple du Prix Nobel d’économie 2008, l’américain Paul Krugman qui a tiré le signal d’alarme cette semaine : pour lui, il y a une « japanisation » de l’Europe, une glissade dans ce qu’on appelle la déflation, et qui plombe le Japon depuis deux décennies. La déflation, vous savez c’est quand tout le monde dans ses comportements, les ménages comme les entreprises, anticipent le pire, une baisse des prix, des investissements moins rentables. Les entreprises diminuent leurs effectifs, commencent à baisser les salaires, comme en Espagne ou en Grèce, en pariant sur une baisse de la demande, et bien cette mécanique là, qui a aussi une dimension psychologique, provoque un enlisement général. Et figurez-vous, que c’est d’autant plus grave, que les économistes ne savant pas comment on en sort. En tout cas, comment on en sort vite. Tout le monde ne croit pas à ce scénario noir ?   Oui, Bruxelles ou Berlin par exemple, pensent que le risque existe, mais que l’Europe va l’éviter, grave à des réformes, une politique d’investissement, et une banque centrale qui fait son boulot. Mais on ferait bien de se méfier quand même.Alors il faut être juste, oui, il y a bien des optimistes, mais ils sont quand même à ce stade, ultra-minoritaires. Eux misent sur le rebond américain et le changement de politique monétaire de la banque fédérale : tout ça va faire baisser l’euro, ça va redonner de la compétitivité aux entreprises européennes, au moment même où les matières premières sont meilleur marché. Voilà, enfin un appel d’air possible. Autant le dire, c’est notre seul espoir. 

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