Interdiction de vente des voitures thermiques : Stellantis mise sur les carburants de synthèse

Stellantis, ex-PSA, met le paquet sur les carburants de synthèse, une façon de s'adapter à l’interdiction de vendre en Europe des véhicules thermiques après 2035. Une mesure approuvée par le Parlement européen en mars 2023.
Article rédigé par France Info, Fanny Guinochet
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Carlos Tavares, le directeur général de Stellantis mise sur les carburants de synthèse. Photo du 1er juin 2023 lors d'une conférence de presse. (MATHIEU PATTIER / OUEST FRANCE / MAXPPP)

Selon Stellantis, le constructeur issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, de nombreux véhicules à moteurs (essence et diesel) sont compatibles avec les carburants de synthèse, sans que l’on ait besoin de modifier les moteurs de ces voitures. Les carburants de synthèse ce sont des "e-fuels", des carburants nouvelle génération, à base d’hydrogène renouvelable.

C’est pourquoi depuis plusieurs mois, avec le géant pétrolier saoudien Aramco, Stellantis travaille sur leur utilisation dans ses modèles. Le constructeur voit une solution pour contourner l’interdiction européenne de vendre des modèles thermiques à horizon 2035.

>> Interdiction de vente des voitures thermiques : qu'est-ce que les carburants de synthèse, que l'Europe a promis d'autoriser après 2035 ?

Le patron de Stellantis aimerait garder ses modèles thermiques jusqu'en 2050

Stellantis développe des voitures 100% électriques mais Carlos Tavares, le directeur général, reste très dubitatif quant à la capacité mais aussi l’intérêt, pour l’industrie automobile européenne, de basculer dans le tout électrique. Carlos Tavares est plusieurs fois monté au créneau pour dénoncer ce qu’il perçoit comme un coup très violent pour la filière. L'horizon 2035, selon lui, qui correspond à la bascule demandée au secteur est beaucoup trop proche, trop violent. Ce changement radical va rimer avec casse sociale, il va y avoir des milliers d’emplois détruits. Cette bascule va aussi générer des tensions sociales en Europe, car les voitures électriques sont plus chères, tout le monde n’y aura pas accès.

Comme Bruxelles ne change pas de position, Carlos Tavares cherche des alternatives. Utiliser des carburants de synthèse en est une, Stellantis y voit un moyen de faire vivre plus longtemps ses modèles thermiques sur les routes, de garder ses voitures jusqu’en 2050, jusqu’à ce qu’elles soient totalement remplacées par du tout électrique. Selon Stellantis, ces carburants de synthèse seraient vraiment moins polluants, ils réduiraient les émissions de CO2 des voitures, l’impact serait massif et presque immédiat. La question se pose de la disponibilité de ces carburants de synthèse ainsi que leur coût. 

Stellantis souhaiterait que la Commission européenne mette en place une fiscalité pour encourager le développement de ces carburants de synthèse, il n'est pas sûr que Bruxelles accepte.

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