Grèves dans les compagnies low cost : les aéroports européens se préparent à de nombreuses turbulences cet été

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Article rédigé par
Laura Taouchanov et Henry de Laguérie - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Des salariés de la compagnie Ryanair ont annoncé vouloir ffaire grève le week-end du 25 et 26 juin. Photo d'illustration. (OSCAR DEL POZO / AFP)

Des grèves dans le secteur aérien sont à prévoir partout dans les prochains jours mais aussi cet été. La colère touche plusieurs compagnies low cost dont le modèle semble "arrive à la limite" selon certains spécialistes. EasyJet et Ryanair sont les principales concernées ce qui risque de perturber de nombreux aéroports partout en Europe.

La compagnie irlandaise Ryanair en grève ce week-end

Plusieurs syndicats européens d'hôtesses et de stewards appellent à la grève le week-end du 25 et 26 juin en France, Espagne, Belgique, Italie et au Portugal. Les salariés l’entreprise irlandaise réclament de meilleures conditions de travail, détériorées depuis la pandémie de Covid-19. Leur principale revendication concerne l'application du droit du travail et le paiement des heures supplémentaires. Selon les syndicats, Ryanair ne respecte pas les temps de repos. Les membres d’équipage réclament aussi un revalorisation des salaires puisqu’actuellement ils sont rémunérés au Smic. 

Ryanair connaît une croissance fulgurante depuis la levée des restrictions Covid-19 mais les effectifs n’ont pas vraiment été adaptés en conséquence. On compte à ce jour 115% du nombre de passagers enregistrés avant la pandémie. Les billets sont environ 10% plus chers mais cela n'a visiblement pas dissuadé les clients.  Le problème est qu’il n’y a pas assez de personnel pour gérer cet afflux. Beaucoup de vols ont d’ailleurs dû être annulés en raison du manque d’effectifs.

À Dublin, de nombreux voyageurs ont raté leurs vols à cause des files d’attente. Plusieurs week-end d’affilée, Ryanair conseillait d’arriver quatre heures avant le vol mais parfois cela ne suffisait pas, il n’y avait tout simplement pas assez de bras. 
Ce qui a donné lieu à une scène plutôt surprenante où le PDG Michael O'Leary a retroussé ses manches pour aider ses salariés à faire embarquer des passagers. Cette nouvelle grève le patron de Ryanair l’a néanmoins balayée d'un revers de main en déclarant que personne ne la remarquerait et que la plupart des vols seraient quand même assurés.

En Belgique pourtant 127 vols sont déjà annoncés comme annulés et Ryanair n’est pas la seule compagnie en grève. L’autre géant du low cost Easy Jet rejoint aussi l’appel en Espagne où le salaire de base d’une hôtesse ne dépasse pas 950 euros. La saison estivale s’annonçait très prometteuse pour le secteur aérien mais pour la fédération européenne des travailleurs du transport, le combat devra continuer pendant tout l'été. 

En Espagne, l'été s'annonce compliqué dans les aéroports

Ces dernières semaines, les images de files interminables pour accéder aux contrôles de sécurité de l’aéroport de Barcelone ou pour présenter son passeport se multiplient. Comme à Madrid, ce n’est pas encore le chaos mais on n’en est pas loin. L’infrastructure est soumise à rude épreuve depuis le printemps et le retour en masse des touristes. On ne s’attendait pas à un rebond aussi spectaculaire de la demande. Résultat, l’aéroport a du mal à suivre. “On se retrouve face à une explosion aussi soudaine qu’imprévue de gens qui souhaitent voyager, explique Oscar Oliver, spécialiste aéronautique. Or on ne s’est pas doté des moyens humains nécessaires pour assurer les filtres de sécurité et les contrôles des passeports.“

Pendant le Covid-19, les entreprises se sont séparées d’une bonne partie de leurs employés. Un certain nombre ne sont pas revenus. La sécurité privée, où les horaires sont difficiles et les salaires sont bas, a du mal à recruter. De plus, à cause du Brexit, le contrôle des passeports concerne beaucoup plus de passagers qu’avant. Résultat, cet été l’aéroport de Barcelone entend fonctionner à 100% de ses capacités, avec un programme de vol presqu’aussi important qu’en 2019, sauf qu’il y a moins de personnel et moins d’avions. Selon les syndicats de l’aérien, le moindre grain de sable pourrait provoquer une crise comme celle qu’on a connu à l’été 2017 avec des milliers de vols annulés ou retardés.

Les grèves chez Ryanair et Easyjet ne vont rien arranger. Ryanair est la deuxième compagnie aérienne en nombre de passagers en Espagne. Au départ de Barcelone, elle propose 71 destinations. Ces six jours de grève pourraient priver près d’un demi-million de personnes de leur vol selon une estimation du gouvernement.
Comme l’été s’annonce compliqué, voici quelques conseils pour ceux qui ont la chance de partir en en Espagne cet été. "Pour un vol à l’intérieur comme à l’extérieur de l’espace Schengen, il est prudent d’arriver entre deux heures et demie et trois heures en avance, explique Oscar Oliver. Il ne faut emmener que ce qui est indispensable. Dans les situations d’encombrements, comme celle que l’on connaît déjà à Barcelone, les valises peuvent mettre du temps à sortir. Parfois elles se perdent ! Dernier conseil : soyez patient !" La patience, le maître mot pour envisager un été serein à Barcelone ou ailleurs.

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