Covid-19 : où en est la vaccination des 5-11 ans en Espagne et en Israël ?

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Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qu'il se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui direction l'Espagne et Israël, deux pays précurseurs dans la couverture vaccinale des plus petits.

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Radio France
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Une petite fille reçoit une dose de vaccin contre le Covid-19 à Madrid (Espagne), le jour de l'ouverture de la vaccination au 5-11 ans, le 15 décembre 2021. (OSCAR DEL POZO / AFP)

La vaccination des 5-11 ans, généralisée depuis le 22 décembre dernier, progresse lentement en France. Il y a une semaine, seulement 4% des enfants de cette classe d'âge avaient reçu une première dose. Comment expliquer que d'autres pays vont plus vite que nous ? Élements de réponse chez nos voisins espagnols et en Israël.

Une campagne consensuelle en Espagne

En Espagne, la vaccination des 5-11 ans a démarré le 15 décembre dernier sur les chapeaux de roue. Sur les 3,3 millions d’enfants concernés (soit 7% de la population espagnole), plus de 55% ont déjà reçu leur première dose en moins de deux mois. Les chiffres sont excellents mais restent cependant en dessous des prévisions.

Les autorités avaient fixé l'objectif de 70% de cette tranche d’âge qui devait être vaccinée pendant la semaine du 7 février. Or, le quotidien La Vanguardia a publié lundi matin un article où il est question justement du ralentissement de la vaccination des enfants. D’après les experts, ceci est dû notamment au variant Omicron et à sa forte incidence chez les moins de 11 ans, mais aussi à la stratégie avancée en janvier dernier par les autorités espagnoles qui envisageaient de surveiller le Covid-19 comme la grippe saisonnière. Une façon de banaliser la maladie qui aurait conduit certains parents à se relâcher et à ne pas vacciner leurs enfants.

Malgré ce ralentissement, comment expliquer ces résultats très au dessus de ceux de la France ? Le facteur le plus déterminant est, sans aucun doute, la culture vaccinale qui est très forte en Espagne. Les mouvements hostiles aux vaccins restent très marginaux. L'Association espagnole des pédiatres vient, par ailleurs, d'ajouter le vaccin anti-Covid au calendrier vaccinal des enfants et cela n’a entraîné aucune controverse. Ce qui montre à quel point il y a peu de défiance en Espagne envers ce vaccin.

La Catalogne et les Baléares à la traîne

Néanmoins, la campagne n’avance pas au même rythme dans tout le pays. Il existe de fortes disparités entre les régions. En Galice, par exemple, 82% des enfants de 5 à 11 ans ont reçu leur première dose et 74% aux Asturies. À l’opposé, seuls 33% des 5-11 ans ont été vaccinés aux Îles Baléares et 39% en Catalogne. Selon les experts, ces différences sont dues, d’une part, au débat sur la nécessité de vacciner cette tranche d'âge qui a été plus intense dans certaines régions et a soulevé plus de réticences de la part des parents.

D’autre part, la question de l’accessibilité au vaccin semble déterminante. En effet, en Galice ou aux Asturies, les services de santé convoquent automatiquement les parents via SMS et leur fixent un rendez-vous pour qu’ils emmènent leurs enfants se faire vacciner. Au contraire, aux Îles Baléares, à Madrid ou en Catalogne, ce sont les familles qui doivent prendre rendez-vous, ce qui semble moins efficace.

Les Israëliens moins pressés que leur gouvernement

Israël, pays pionnier de la vaccination des adultes, a autorisé la vaccination de tous les enfants de plus de cinq ans dès le mois de novembre. Les autorités parlent même de doses qui pourraient bientôt être disponibles pour les nourissons. Et le gouvernement insiste : "Il faut faire vacciner vos enfants". Mais la campagne patine. Seul un quart des enfants concernés ont reçu leurs doses de vaccin. Certains parents estiment que le gouvernement s’est un peu précipité sur la vaccination des petits. D’autres attendent des études supplémentaires, ne voulant pas "faire plus de mal que de bien".

Et puis, certaines familles pensent que le Covid-19 n’atteint pas de formes graves chez les enfants. Ce à quoi les experts répondent par un appel à la prudence. Car si les enfants sont moins malades que les adultes, ils peuvent avoir un Covid long ou développer un syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS). Des complications contre lesquelles le vaccin protège, martèlent les scientifiques et les médecins israéliens. Surtout, le vaccin contre le Covid-19 chez les 5-11 ans aurait tendance à diminuer la propagation du virus Omicron, bien plus contagieux que les précédents variants. Vacciner massivement cette tranche d'âge protège ainsi la population générale. 

Dans les territoires palestiniens occupés, les centres de vaccination sont quasi vides faute d'une campagne de vaccination ciblant les enfants. De manière générale, seule la moitié des Palestiniens sont triplement vaccinés. Ce n’est pas spécifique aux plus jeunes. Et les records de contamination bondissent car le variant Omicron circule, principalement via les enfants, et donc dans les écoles. Le gouvernement a fermé écoles et crèches pour 10 jours. L’enseignement à distance est de retour, ce qui ne ravit pas tout le monde, explique Samer Nemer, directeur d’une école à Ramallah : "C’est sur que l’apprentissage virtuel est vraiment loin de l’éducation. Il n’y a pas de doute qu’il existe de très gros problèmes en ce qui concerne la réussite scolaire. C’est un lourd fardeau pour les éleves, mais aussi pour les enseignants, et pour l’administration scolaire."

Une campagne de vaccination est prévue dans les écoles des territoires palestiniens, après leur réouverture le 12 février.

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