Comment se passe cette deuxième rentrée scolaire sur fond de Covid-19 en Israël, Italie et aux États-Unis ?

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Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui, l'Italie, les États-Unis et Israël organisent leur deuxième rentrée scolaire par temps de Covid-19.

Article rédigé par
Frédéric Métézeau - franceinfo - Loïc Pialat - Bruce de Galzain
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min.
L'Italie est l'un des pays au monde qui a tenu ses écoles fermées le plus longtemps au pic de l'épidémie de Covid-19.  Ici, une école à Rome. (VINCENZO PINTO / AFP)

En ce début du mois de septembre, les enfants et adolescents reprennent le chemin de l'école un peu partout dans le monde. C'est la deuxième rentrée des classes par temps de Covid-19, avec un protocole sanitaire spécifique à appliquer par les enseignants comme les élèves. La nouveauté cette année est bien sûr l'existence du vaccin et l'obligation pour le personnel scolaire de certains pays de présenter un équivalent du pass sanitaire. Comment se passe cette rentrée en Italie, aux États-Unis et en Israël ?

En Italie, un pass sanitaire obligatoire

L'Italie est l'un des pays au monde qui a tenu ses écoles fermées le plus longtemps au pic de l'épidémie de Covid-19. En cette rentrée, tout le personnel scolaire doit à nouveau montrer patte blanche. L'Italie a été le premier pays à obliger ses soignants à se faire vacciner et depuis aujourd'hui, le personnel scolaire doit quant à lui présenter un pass sanitaire s'il veut entrer dans son établissement. Environ 90% de ces professionnels sont vaccinés, les autres devront montrer un test négatif et tout cela sera contrôlé chaque matin.

L'opération s'annonce compliquée pour les chefs d'établissement. "Il est logique que nous attendions de l'aide pour faire ces contrôles chaque matin, ce sera embêtant et cela va nous fera perdre du temps, explique Daniela Paparella, directrice d'un lycée à Naples, sur la chaîne Sky. "On parlait d'un système informatisé pour vérifier les pass sanitaires et éviter le contrôle des QR code, mais pour l'instant, nous attendons surtout que le ministère nous aide à gagner du temps !"

Celui-ci promet que ce système sera en place d’ici à la rentrée scolaire, le 13 septembre. Ceux qui n'auront pas leur pass et seront donc absents cinq jours d'affilée sans autre justification seront sanctionnés. Ils seront suspendus sans salaire et se verront infliger une amende allant jusqu'à 1 000 euros. Les étudiants devront eux-aussi montrer patte blanche, contrairement aux élèves jusqu'à la Terminale. Le masque restera obligatoire à l'école dès 6 ans, et si un cas de coronavirus est détecté, la classe sera mise en quarantaine sept jours pour les vaccinés et dix pour les non-vaccinés. Le gouvernement italien assure qu'il veut maintenir toutes les classes ouvertes et éviter l'école à distance qui, en un an et demi, a déjà créé d'énormes inégalités en Italie.

Aux États-Unis, une vaccination obligatoire dans certains États

Aux États-Unis depuis le mois d’août, l’école en présentiel a repris progressivement dans les différents États. Dans ce pays fédéral, le protocole sanitaire choisi pour la rentrée est différent d’un État à l’autre. La Californie est l’un des premiers États du pays avec Hawaï à avoir imposé la vaccination pour les enseignants et le personnel périscolaire, soit environ 570 000 employés dans le public. Ceux-ci ont jusqu’au 15 octobre pour se faire vacciner. Ceux qui s’y opposent devront se faire tester une fois par semaine jusqu’à nouvel ordre.

Les deux principaux syndicats enseignants soutiennent l’obligation, tout comme les parents d’élèves qui n’ont pas envie de repartir pour de longs mois d’école à la maison. Les collectivités locales peuvent être encore plus strictes que le gouverneur de Californie. La ville de Culver City impose par exemple la vaccination aux enseignants et aux élèves de plus de 12 ans. Dans les écoles de Los Angeles, le masque est obligatoire en classe, comme réclamé par le gouverneur, mais aussi dans la cour de récréation.

De l’autre côté du pays, en Floride, les autorités ont une approche très différente. Ainsi, au Texas, le gouverneur républicain de Floride a interdit le port du masque obligatoire à l’école. Il a décidé de cette mesure au nom de la liberté des parents, les plus à même, dit-il, de décider ce qui est le mieux pour leur enfant. À l’échelle locale, de nombreuses écoles passent outre cette interdiction au nom de la santé des enseignants. La Floride va donc sanctionner financièrement les écoles en question, même si un juge a considéré la semaine dernière qu’interdire le port du masque était inconstitutionnel. Tous ces litiges vont probablement se régler au tribunal.

En Israël, la mise en place d'autotests

En Israël, le gouvernement veut tout faire pour garder les classes ouvertes, dans un pays où les écoles sont restées fermées presque un an. Mais dans les villes les plus touchées par la quatrième vague, les cours se tiendront encore à distance ou avec une jauge. Dans les autres régions, les cours auront bien lieu en présentiel. Au-delà de 12 ans, la vaccination est possible en Israël mais pas obligatoire pour aller à l'école. En revanche s'il y a un enfant malade dans la classe, ceux qui n'ont pas le passeport vert (équivalent du pass sanitaire français) seront renvoyés à la maison comme cas contact, contrairement à ceux qui ont le passeport. Une campagne de vaccination aura d'ailleurs lieu dans les écoles pour les plus de 12 ans.

Les élèves âgés de moins de 12 ans, qu'on ne vaccine pas, auront accès à deux modes de test. Le premier mode est facultatif et se fait dans un centre de dépistage dans lequel on établira une sérologie, c'est-à-dire qu'on verra si l'enfant a déjà eu le Covid et dispose des anticorps nécessaires. Le deuxième mode de test est obligatoire et se fera grâce à des auto-tests nasopharyngés. Mardi 31 août, les familles ont reçu gratuitement des petits kits à écouvillon dans le nez. Les parents devront donc tester leur enfant et remplir une attestation sur l'honneur disant qu'il n'est pas malade.

Pour le personnel des écoles, le protocole est beaucoup plus coercitif. Les employés des ministères de l'Éducation, de la Santé et des Affaires sociales doivent être vaccinés ou se faire tester deux fois par semaine à leur frais. Ceux qui refusent sont suspendus sans salaire.

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