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Guerre entre Israël et le Hamas : on a pu embarquer à bord du "Tonnerre", le navire envoyé sur place par l'armée française

Cinq jours après son arrivée au large de Gaza, le porte-hélicoptères, deuxième plus gros bateau de l’armée après le Charles-de-Gaulle, n’accueille pas encore de patient. Et cela ne sera peut-être pas le cas.
Article rédigé par Hadrien Bect
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
Des marins à bord du "Tonnerre", le porte-hélicoptères envoyé par la France pour "soutenir les hôpitaux" de Gaza. (HADRIEN BECT / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Quelque 200 mètres de long, quatre hélicoptères sur le pont, 200 marins... et une salle de triage. Voici le Tonnerre , quelque part entre les côtes libanaises et chypriotes, avec dans ses entrailles, au pont 5, une dizaine de lits et des instruments comme aux urgences de n’importe quel hôpital. Le navire médicalisé est parti de France le 25 octobre dernier pour "soutenir les hôpitaux de Gaza".

Le médecin-chef Colas dirige cette unité. "C'est un hôpital embarqué qui comprend une soixantaine de lits. On en a 30 ici sur le pont 5, qui sont l'hôpital propre, et 30 qui sont non-médicalisés au pont 3", décrit-il. Sauf qu’ici, les lits sont vides : il n'y a aucun patient.

En réalité, ce navire qu’Emmanuel Macron avait présenté comme à même de soutenir les hôpitaux de Gaza ne pourrait accueillir qu'une poignée de civils. "Compte tenu de l'armement en ressources humaines, on n'est pas en capacité d'utiliser l'ensemble de ces locaux. Et par exemple, il y a deux blocs opératoires qu'actuellement nous ne pouvons pas armer de manière simultanée", explique le médecin-chef Florent.

L'un des ponts du porte-hélicoptères "Tonnerre", envoyé par la France dans la région de Gaza. (HADRIEN BECT / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Alors combien de patients peut-il accueillir en ce moment ? "Deux blessés très graves, deux blessés graves", répond le commandant Schaar, à la tête du Tonnerre.

"C'est une capacité trop petite pour qu'on puisse véritablement, compte tenu de l'échelle du conflit, apporter une solution médicale. C'est une solution médicale complémentaire. Ce n'est pas un navire-hôpital."

Commandant Schaar

à franceinfo

L’envoi du Tonnerre en soutien aux hôpitaux de Gaza, comme l’a demandé Emmanuel Macron, n’était-il alors qu’un coup de com', un simple affichage politique et diplomatique du chef de l’Etat ? Pas du tout, répond Sébastien Lecornu, le ministre de la Défense, qui défend plutôt une capacité d’entraînement. "On veut emmener d'autres pays. Nous mettons beaucoup de moyens sur la table pour faire effet de levier. Le statut de nation-cadre, c'est comme un gros bloc de multiprise, dans lequel nous mêmes, on remplit quelques prises et on permet à d'autres pays de venir se connecter, de venir assembler des moyens", explique Sébastien Lecornu. Et la France prévoit d’ajouter une nouvelle prise : le Dixmude, autre porte-hélicoptères qui sera prêt autour de mi-novembre pour relever le Tonnerre . Et cette fois, c’est promis, nous dit-on, il y a aura bien des lits prêts à accueillir des patients.

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