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"Pas de retrait, pas de JO" : les opposants à la réforme des retraites veulent faire de Paris 2024 un moyen de pression

Alors que l’exécutif tente de sortir de la crise des retraites, un mot-clé a fleuri sur les réseaux sociaux : "Pas de retrait, pas de JO". Les Jeux olympiques deviennent un moyen de pression. Le brief politique de Jean-Rémi Baudot.
Article rédigé par Jean-Rémi Baudot
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Illustration de l'hôtel de ville de Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)

C’est un hashtag qui s’est diffusé chez les opposants à la réforme des retraites, de droite comme de gauche. De militants anonymes à certaines associations comme Attac : "Pas de retrait, pas de JO", où la promesse de perturber les Jeux olympiques et paralympiques et leurs préparations. Une menace pas très concrète pour l’heure, mais pourtant observée avec attention au sommet de l’Etat…

>> "Les JO, ça doit être une fête" : Laurent Berger opposé à toute perturbation durant Paris 2024

Le phénomène est notamment suivi de près par les organisateurs. Une cadre de Paris 2024 confirme que ce mot-clé a été repéré dès ce week-end par ses équipes. Au ministère des Sports, on parle plutôt de "signaux faibles". Pourtant, si personne ne semble vouloir y donner trop d’importance, la ministre des Sports elle-même a rappelé lundi lors d’une interview que ces JO "sont les Jeux des Français (...), des athlètes (...). En aucun cas les Jeux de l’Etat ou du gouvernement". 

La plupart des syndicats ne reprennent pas ce mot-clé

Une précision utile, car même si la plupart des principaux chantiers des JO sont quasiment terminés, on sent une petite fébrilité au sein de l'exécutif. Menacer les JO, c'est un levier que les plus déterminés contre la réforme aimeraient utiliser pour faire plier le gouvernement. Des organisations locales de la CGT ou de FSU ont repris ce mot-clé. Pourtant, ce hashtag ne fait pas l'unanimité. Plusieurs membres de l’intersyndicale se sont d’ailleurs rapidement positionnés. Pour Laurent Berger de la CFDT, "il est hors de question de faire ni ce type de menace, ni ce type d'action". De son côté, Force ouvrière "n'encourage pas" non plus cette initiative. 

Il faut savoir que les principaux syndicats sont membres d’un "comité de suivi de la charte sociale de Paris 2024", présidé par l’ancien syndicaliste CGT, Bernard Thibault. Peu de chances qu’ils souhaitent sortir du dispositif. Pour les Jeux de Paris, le risque pourrait donc plutôt venir de mouvements spontanés ou de groupes autonomes. 

La majorité imaginait pourtant une trêve olympique après les retraites

Côté politique, un conseiller vante une "union sacrée sur les JO" et prévient : "Celui qui viendrait casser cela se tirerait une balle dans le pied". En coulisses, même des élus qui ont soutenu grèves et mouvements sociaux prennent leur distance. C'est le cas d’Anne Hidalgo. En privé, la maire de Paris appelle à ne pas prendre les Jeux en otage. Globalement, rares sont les élus de premiers rangs qui ont repris cet appel à perturber les Jeux olympiques.  

L’ironie, c’est que cela fait plusieurs semaines que des membres de la majorité espéraient une trêve olympique après les retraites. Référence à une tradition instituée dans la Grèce Antique quand des cités en guerre mettaient leur conflit sur pause le temps des Jeux. Même après l’allocution du Président ce lundi, manifestement, il n’y a pas trêve en vue. 

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