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François de Rugy veut relancer le débat sur les OGM

Depuis 2008, en France, il est interdit de cultiver ces organismes génétiquement modifiés à des fins commerciales. Quelques OGM sont autorisés à l’importation, comme le maïs ou le coton.

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François de Rugy, en novembre 2020.
François de Rugy, en novembre 2020. (SEBASTIEN MUYLAERT / MAXPPP)

C’est un “pavé dans la mare”, comme le reconnaît un membre du gouvernement. Le député En Marche et ancien ministre de l’Ecologie François de Rugy propose d'ouvrir le débat sur les OGM, dans une interview accordée la semaine dernière à l'hebdomadaire Le Point

Depuis 2008, en France, il est interdit de cultiver ces organismes génétiquement modifiés à des fins commerciales. Quelques OGM sont autorisés à l’importation, comme le maïs ou le coton. 

A franceinfo, l'ancien ministre et ancien président de l’Assemblée explique pourquoi la législation doit évoluer, avec d'abord, une interrogation presque philosophique : pourquoi les lois de bioéthiques - qui concernent l’humain - sont-elles revues à mesure des progrès de la science, et pas celles qui concernent le végétal ? “Un certain nombre de choses ne sont pas réinterrogées, se désole François de Rugy. Dans le mouvement écologiste français, il y a eu un divorce avec le monde scientifique." Lui souhaite porter une écologie de réconciliation, à travers l'exemple des OGM.

Adieu les OGM, bonjour les NBT ?

Car depuis 2008, de nouvelles techniques permettent de travailler différemment sur le matériel génétique des plantes, pour les rendre moins gourmandes en eau, ou plus résistantes aux pucerons. Aux côtés des OGM sont venus s'ajouter des NBT, comme "new breeding technics", ou "sélection variétale" en bon français. La différence entre les deux, c’est que l’OGM ne peut pas exister dans le monde naturel. C’est un organisme dont l'ADN est modifié pour créer un hybride complètement artificiel. Les NBT sont eux aussi issus d'une manipulation génétique, mais dans une même famille d’espèces.

Pour aller vite, c’est par exemple corriger l’ADN d’une tomate très sensible aux pucerons, en allant chercher le gène d’une autre variété, plus robuste... et donc qui a moins besoin de pesticides. La technique qui est derrière ces NBT - "les ciseaux génétiques" - a permis à une Française, Emmanuelle Charpentier, de remporter le prix Nobel de Chimie l’an dernier.

Aujourd’hui, en l’absence de nouvelle législation, c’est la réglementation OGM qui s’applique par défaut. Ce que la France essaye de changer au niveau européen, le dossier est porté par le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie. Et ce que François de Rugy veut mettre dans le débat public avant la présidentielle.

Car il ne s’agit pas que de science, mais aussi de politique. François de Rugy veut “reconnecter l’écologie avec la science, et sortir des débats de postures”. “Ce sont des choix qui doivent être débattus dans une campagne présidentielle et législative”, insiste l'ancien ministre. Ca tombe bien, des élections sont prévues dans un an.

François de Rugy, en novembre 2020.
François de Rugy, en novembre 2020. (SEBASTIEN MUYLAERT / MAXPPP)