Le brief politique, France info

Après la crise sanitaire, un remaniement pour éviter une vague dégagiste ?

Faudra-t-il un nouveau gouvernement en sortie de crise, pour aborder au mieux la présidentielle et les législatives ? Dans l'entourage de l'exécutif, les partisans de l'option avancent leurs arguments.

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Jean Castex sera-t-il sacrifié après la crise pour sauver la présidentielle ? (photo du 26 octobre 2020)
Jean Castex sera-t-il sacrifié après la crise pour sauver la présidentielle ? (photo du 26 octobre 2020) (BERTRAND GUAY / AFP)

Autour d'Emmanuel Macron, certains plaident pour un remaniement qui permette de tourner la page. La réflexion est la suivante : la volonté de tourner cette page, ce mauvais souvenir, sera immense en sortie de crise. Les soutiens du président préfèrent l’incarner symboliquement par un changement de gouvernement plutôt que risquer une vague dégagiste à la présidentielle.

C’est comme lorsqu’aux échecs, on sacrifie une pièce pour en sauver une autre. Là, sacrifier Matignon pour préserver l’Élysée et la reconduction des députés en 2022. Ceux qui défendent cette option ont des arguments.

"C'est qui déjà ?"

D’abord, les régionales, a priori en juin, qui offrent la possibilité de dire ensuite : on a tiré les leçons du scrutin, on ajuste le dispositif politique.

Ensuite, il y a l’efficacité. Le gouvernement compte 44 ministres. Certains sont fatigués et ne donnent plus pleine satisfaction, Frédérique Vidal à l’Enseignement supérieur par exemple. D’autres ministres ont été nommés en juillet dernier pour mener une et une seule réforme : Laurent Pietraszewski pour les retraites, Brigitte Bourguignon sur l’Autonomie… Ces réformes ne se feront pas.

Et puis il y a tout ceux que personne n’identifie, pas même les ministres, qui de leurs propres aveux, parfois ne reconnaissent pas certains collègues lors de visioconférences gouvernementales. C’est devenu une blague entre les ministres de premier plan, de faire des quizz : tiens, de quoi s’occupe untel ?

Tout cela mis bout à bout plaide pour un gouvernement resserré. De combat, ou d’après-guerre, si l’on veut se référer aux mots d’Emmanuel Macron. Comme De Gaulle en 1944.

Quid de Jean Castex ?

Reste alors à savoir ce qu'il peut advenir du chef de ce gouvernement, à savoir Jean Castex. Un ministre important nous disait : "Il fait le job avec abnégation. Il fait le dos rond, il fait tout pour faire réélire le président. Il n’y a pas d’antipathie à son égard." Ça plaide pour un maintien.

L’opposition est pas loin d’être sur cette ligne aussi. "Castex protège Macron, note un poids lourds à droite. Il prend tout sur la gueule, il n’imprime pas, et tout le monde se moque de lui." Donc il est un peu le paratonnerre du président. Mais un autre ministre fait remarquer que ça ne fonctionne pas politiquement, à cause de la personne Jean Castex. "Son gouvernement a été pensé comme une parenthèse après le premier confinement, me confie ce responsable. Il fallait rassurer et accompagner le retour à la normale. Là, il est à contre-emploi". Un troisième assure : "Aucun gouvernement ne peut assumer deux confinements."

Voilà l’état du débat. Avec un problème, et non des moindres, soulevé par un président de région : "Remplacer Jean Castex, mais par qui ? Emmanuel Macron n’a pas de pneu de rechange." À un an de la présidentielle, il lui faudra forcément piocher dans son propre camp.

Jean Castex sera-t-il sacrifié après la crise pour sauver la présidentielle ? (photo du 26 octobre 2020)
Jean Castex sera-t-il sacrifié après la crise pour sauver la présidentielle ? (photo du 26 octobre 2020) (BERTRAND GUAY / AFP)